Iran News
Ehud Olmert et Nicolas Sarkozy unis dans leur refus de la bombe iranienne 22.10.2007
AFP, Paris, 22 octobre - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président français Nicolas Sarkozy ont souligné leur convergence de vues sur le dossier nucléaire iranien, en jugeant lors de leur première rencontre lundi à Paris qu'un Iran doté de l'arme atomique n'était pas "acceptable".
"Israël et la France partagent le souhait que le programme nucléaire iranien se fasse dans la plus grande transparence et à des fins pacifiques. Ni pour la France, ni pour Israël il n'est acceptable que l'Iran soit doté de l'arme nucléaire", a déclaré le porte-parole de la présidence française, David Martinon, après un déjeuner de travail des deux dirigeants.
M. Olmert a qualifié l'entretien de "très bon" et parlé de "vues identiques" sur de nombreux sujets.
"Je n'aurais pas pu entendre sur le dossier iranien des choses qui auraient pu être plus proches de mes attentes", a-t-il déclaré à la presse.
Il a assuré ne pas avoir discuté avec M. Sarkozy d'une frappe militaire contre l'Iran, précisant qu'ils avaient évoqué "un large éventail d'actions qui ne sont pas nécessairement extrêmes". "Je crois que nous pouvons réussir avec elles", a-t-il dit, dans une allusion à un durcissement des sanctions internationales.
Les deux hommes ont également fait le point sur la possible relance du processus de paix israélo-palestinien dans l'optique de la conférence internationale prévue en novembre aux Etats-Unis.
M. Sarkozy a ensuite accompagné le dirigeant israélien jusqu'à sa voiture dans la cour du palais de l'Elysée et les deux hommes se sont séparés sur une chaleureuse accolade.
M. Olmert devait se rendre mardi à Londres pour y rencontrer le Premier ministre Gordon Brown ainsi que son homologue turc Tayyip Erdogan, lui aussi de passage en Grande-Bretagne.
Le dirigeant israélien a entrepris ce voyage dans le sillage d'une visite éclair à Moscou à l'issue de laquelle il s'est déclaré "encouragé" par les propos du président russe Vladimir Poutine concernant le programme nucléaire iranien.
Selon les médias israéliens, M. Olmert devait présenter à ses interlocuteurs français et britanniques des informations collectées par ses services de renseignements sur les progrès de l'Iran en matière nucléaire.
Considéré comme la seule puissance nucléaire au Proche-Orient, Israël estime que l'Iran représente sa "principale menace stratégique" alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a appelé à "rayer" l'Etat hébreu de la carte.
M. Sarkozy a considérablement durci la position de la France sur le dossier nucléaire iranien depuis son arrivée au pouvoir en mai, plaidant pour des sanctions européennes si nécessaire hors ONU contre Téhéran.
Rompant avec la réticence des dirigeants occidentaux à évoquer ouvertement un conflit, M. Sarkozy avait mis en garde en août contre "une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".
Sur le dossier palestinien, M. Olmert entendait s'expliquer à Paris et Londres sur la décision de son cabinet de considérer comme "entité hostile" la bande de Gaza, contrôlée depuis la mi-juin par le mouvement islamiste Hamas.
Il a déjà fait part de son scepticisme quant à la prochaine réunion internationale voulue par Washington. Ces discussions sont supposées jeter les bases d'un Etat palestinien et doivent porter sur des questions clefs comme le tracé des frontières, le sort de Jérusalem et celui des réfugiés palestiniens.
Les relations entre la France et Israël se sont nettement réchauffées depuis l'accession à la présidence de M. Sarkozy qui s'est posé en "ami" d'Israël.
"Pour la première fois en quarante ans, Paris semble aussi amical que Londres" pour Israël, soulignait dimanche le quotidien Haaretz.
Vladimir Poutine reçoit Ehud Olmert pour évoquer l'Iran 19.10.2007
Reuters, Moscou - Le président russe Vladimir Poutine a tenté jeudi d'apaiser l'inquiétude du Premier ministre israélien Ehud Olmert à propos du programme nucléaire iranien, deux jours après la visite à Téhéran du chef du Kremlin.
"Nous savons à quel point vous êtes inquiet au sujet du programme nucléaire iranien", a déclaré Poutine alors qu'il accueillait Olmert au Kremlin. "Je suis prêt à partager avec vous les résultats de ma visite à Téhéran."
Olmert ne se trouvait à Moscou que le temps d'un entretien de trois heures avec le président russe.
"Les principaux sujets de discussion concernaient le dossier iranien et le processus de paix au Proche-Orient", fait savoir le Kremlin sur son site internet, sans plus de détails.
Les journalistes n'ont pu assister qu'à la séance de photographies.
A Jérusalem, la porte-parole d'Olmert a précisé que les deux hommes avaient parlé "longuement et dans le détail" du dossier nucléaire iranien lors d'une rencontre qu'elle a jugée "très chaleureuse".
"Le Premier ministre a réitéré sa position, selon laquelle seules des sanctions internationales efficaces peuvent mettre fin aux ambitions nucléaires de l'Iran", a-t-elle rapporté.
Olmert a également prévenu que les tentatives d'acquisition par l'Iran et la Syrie d'armes perfectionnées auprès de Moscou risquaient de "changer l'équilibre des forces dans la région", a-t-elle ajouté.
Mardi, le président russe avait affirmé que la Russie ne tolèrerait pas d'action militaire contre l'Iran et avait invité le président Mahmoud Ahmadinejad à se rendre à Moscou.
La Russie aide l'Iran à construire son premier réacteur nucléaire à Bushehr. Téhéran affirme que ce réacteur n'est destiné qu'à produire de l'électricité, mais les puissances occidentales le soupçonne de cacher un programme militaire.
Lors d'un précédent voyage à Moscou, il y a un an, Olmert avait déjà fait part des préoccupations de son pays à l'égard du programme nucléaire iranien.
"HÉGÉMONIE" IRANIENNE
Plus tôt dans la journée, le président israélien Shimon Pérès a estimé que l'Iran tentait de devenir un "empire" et d'étendre son "hégémonie" à tout le Proche-Orient.
"De plus, ils fabriquent une bombe atomique, malgré tous leurs démentis", a-t-il déclaré à des journalistes à Jérusalem.
"Les preuves sont claires, aucun pays ne dépenserait des millions et des millions de dollars pour mettre au point des missiles à longue portée destinés à emporter des armes conventionnelles, ça n'a aucun sens."
"Les divisions au sein de la communauté internationale renforcent l'Iran", a estimé Pérès.
"Je pense que si la communauté internationale se montre unie, nous n'aurons pas à mener de guerre ou à subir de bain de sang. Plus tôt nous nous unirons, mieux ce sera."
A Moscou, Ehud Olmert souhaite également évoquer le processus de paix au Proche-Orient avec Poutine, selon l'agence Itar-Tass, qui cite une source anonyme au sein du Kremlin.
La Russie est l'un des membres du "quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient, avec les Etats-Unis, l'Onu et l'Union européenne.
La venue d'Olmert intervient au terme d'un déplacement en Israël et en Cisjordanie de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en vue de la conférence sur le Proche-Orient qui se tiendra à la fin de l'année à Annapolis, dans le Maryland.
Iran: pendaison de neuf personnes, dont une femme, pour meurtre 17.10.2007
AFP, Téhéran, 18 octobre - Neuf personnes, dont une femme, reconnus coupables de meurtre, ont été pendus à la prison d'Evine à Téhéran mercredi matin, a rapporté jeudi le quotidien Tehran Emrouz.
La femme, Fakhteh C., et les huit hommes avaient commis différents meurtres, a indiqué le journal, ajoutant que certains d'entre-eux avaient violé leur victime.
Ces pendaisons portent à 221 le nombre d'exécutions cette année, selon un décompte effectué par l'AFP à partir d'informations de presse et de témoignages.
Au moins 177 personnes avaient été exécutées en 2006, selon Amnesty International, et au moins 81 en 2005, selon un décompte de l'AFP.
La trahison, l'espionnage, le meurtre, l'attaque à main armée, le trafic de drogue, le viol, la pédérastie, l'adultère, la prostitution et l'apostasie sont passibles de la peine capitale en Iran.
Trois étudiants iraniens condamnés à la prison pour publications insultantes 16.10.2007
AFP, Téhéran, 16 octobre - Trois étudiants iraniens arrêtés en mai après la publication de journaux universitaires jugés "insultants" ont été condamnés à des peines de prison allant de deux à trois ans, a annoncé mardi leur avocat, cité par l'agence Mehr. "Ehsan Mansouri a été condamné à deux ans, Madjid Tavakoli à trois ans, et Ahmad Ghassaban à deux ans et demi", a dit Me Mohammad Ali Dadkah, en ajoutant ne pas savoir à ce stade si les peines étaient exécutables immédiatement.
Les trois étudiants de l'Université Amir Kabir étaient accusés "d'atteinte à la sécurité nationale et d'insulte aux valeurs sacrées et aux dirigeants", avait dit Me Dadkah à l'ouverture de leur procès le 22 septembre.
Des responsables des journaux étudiants réformateurs mis en cause avaient dénoncé un coup monté pour les discréditer, en affirmant que des "inconnus" s'étaient approprié leurs logos pour publier les articles et dessins incriminés.Me Dadkah a indiqué que ses clients entendaient faire appel de leur condamnation, "étant donné qu'ils ont toujours réfuté les accusations portées contre eux". Azam Tadjik, la mère d'Ehsan Mansouri, avait déclaré en août que les trois étudiants avaient été torturés, ce que la justice iranienne a vigoureusement démenti.
L'Université Amir Kabir est un foyer de contestation étudiante. Le président Mahmoud Ahmadinejad y avait été l'objet l'an dernier de quolibets et de sifflets lors d'un discours