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Revue IRAN-INFO-PARS - 34
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

La dissolution de la monarchie et des Moudjahiddines du Peuple signifie la fin de la République Islamique


 

S'inquiétant de l'arrivée au pouvoir de Réza Pahlavi ou de Radjavi, le peuple iranien hésite de renverser la République Islamique. Le peuple iranien ne veut plus de monarchie. Sa principale préoccupation à l'époque de Khatami et de la sixième législative était que le Vali Faqih et le Conseil des Gardiens agissaient à l'instar de la monarchie et ne sont pas élus. Il exprimait même son rejet de l'ayatollah Khaménéï à travers ses manifestations en le qualifiant de nouveau monarque. Alors, comment le peuple iranien peut-il réclamer la monarchie alors que son opposition à Khaménéï et avant lui à Khomeiny résidait dans le fait que la Constitution de la République Islamique leur réserve le rang et le rôle d'un monarque.

Depuis 28 ans, le mouvement pour l'instauration de la démocratie en Iran est en conflit contre le régime de la République Islamique, un régime qui ne bénéficie, contrairement au régime du Chah, du soutien international, ni dispose de cadres expérimentés pour gouverner le pays. La défaite du mouvement pour l'instauration de la démocratie en Iran provient du fait qu'il doit combattre simultanément deux forces qui lui sont hostiles, la monarchie du Réza Pahlavi et l'Organisation des Moudjahidines du Peuple.

A chaque occasion où le peuple aurait pu renverser la République Islamique, le doute sur l'avènement d'une de ces deux forces s'est emparé de lui l'empêchant de mener à son terme l'action du renversement. Le résultat en est que depuis 25 ans le régime de la République Islamique est resté au pouvoir en Iran.

Si, aujourd'hui, les Moudjahidines ou la monarchie arrive au pouvoir en Iran grâce au soutien américain, demain le peuple iranien descendra dans la rue et réclamera son renversement. Notre difficulté ne réside pas dans l'union des forces politiques avec les monarchistes ou les Moudjahidines. Notre difficulté provient du fait que l'union avec ces deux forces empêche l'unité du peuple iranien qui nourrit autant de haine à l'égard de ces deux forces qu'à l'égard de la République Islamique.

Le mouvement pour l'instauration de la démocratie en Iran n'a pas besoin de Réza Pahlavi pour discourir sur la dictature de la République Islamique et les droits de l'homme. Nous avons lutté plus d'un demi-siècle contre la dictature des Pahlavi et pour le respect des droits de l'homme et de la démocratie, ce même régime que Réza Pahlavi tente de ressusciter aujourd'hui ! Pourquoi alors le peuple se tromperait-il une nouvelle fois, comme en 1979, et permettrait-il la prise u pouvoir par des forces hostiles à la démocratie ?

Par ailleurs, les Moudjahidines du Peuple veulent nous offrir leur propre islamisme. Et cela, alors que depuis 25 ans, la République Islamique nous a imposés l'islamisme. Pourquoi serions-nous prêts à permettre l'arrivée au pouvoir de l'islamisme, modèle Moudjahidines, qui, aux côtés de Saddam Hussein, lors de la guerre Iran-Irak, ont combattu le peuple iranien.

Même en dehors des sphères du pouvoir, les monarchistes et les Moudjahidines sont des organisations mafieuses. Leur mission est de réunir des nervis s'attaquant aux forces démocratiques.

Leurs dirigeants, Réza Pahlavi et Mariam Radjavi parlent de manière éloquente et posée lors des émissions télévisées. De même que l'ayatollah Khaménéï répond avec sourire aux questions qui lui sont posées et affirme ne pas être au courant des attaques commises par le hezbollah contre les intellectuels.

Réza Pahlavi est le « Ahmad Tchalabi » de l'Iran qui tente d'utiliser les États -Unis pour y prendre le pouvoir. Les Moudjahidines sont les Khemers Rouges de l'Iran mais à la sauce islamique. Le peuple iranien est parfaitement conscient de la vraie nature de ces deux forces et ne désire aucunement l'arrivée au pouvoir de l'un ou de l'autre.

L'action salutaire de Réza Pahlavi et des Radjavis serait d'annoncer la dissolution de leurs organisations respectives, car ces deux forces constituent le principal obstacle au renversement de la République Islamique et à l'instauration d'un régime démocratique et séculaire en Iran.

Ceux qui s'étaient adhérés à ces deux organisations pensaient pouvoir mettre un terme à la République Islamique et instaurer la démocratie en Iran. La dissolution de ces deux organisations libérera leurs adhérents sincères pour s'allier au véritable mouvement démocratique de l'Iran, au lieu de perdre leur temps à s'aventurer pour la mise en place d'une monarchie démocratique fictive ou de dépenser leur énergie dans les activités anti-démocratiques organisées par les Moudjahidines du Peuple.

Durant les mois de novembre-décembre 2002, le mouvement estudiantin en Iran a connu un nouvel essor. Mais dès que les télévisions des monarchistes basés à Los Angeles ont voulu attacher ce mouvement à la célébration du 7 janvier de Réza Chah, il s'estompa. Ceci démontre d'une part la prise de conscience des dirigeants du mouvement démocratique iranien et démontre, d'autre part, que dès que les monarchistes ou les Moudjahidines tentent de s'imposer, le peuple quitte l'arène de la lutte et la République Islamique pourrait perdurer. Le peuple rejette autant la monarchie et les Moudjahidines que le régime de la République Islamique.

Avant le 21 juillet de l'année dernière un événement identique a eu lieu. Lorsque les forces du mouvement pour la démocratie ont clairement demandé à Réza Pahlavi de démissionner de son titre de monarque et que celui-ci tergiversa et continua son jeu de simple citoyen actuel et de monarque futur, le mouvement l'abandonna. Il fut clair qu'il jouait un double jeu pour tromper le peuple et ressusciter la monarchie.

Il est clair pour les spécialistes de l'Iran que le peuple iranien ne veut plus de monarchie. Réza Pahlavi n'en serait-il pas conscient ou cherche-t-il à assurer les intérêts des Pahlavi et arriver au pouvoir à l'aide des Etats-Unis et grâce au formule magique du référendum, un choix entre la monarchie et la République dans les difficiles conditions du renversement de la République Islamique ?

C'est précisément cette perspective effrayante qui empêche le peuple de défendre l'idée d'un référendum. C'est pour la même raison que Réza Pahlavi passe son temps à s'entretenir avec les médias et les autorités étrangères, délaissant les intellectuels iraniens, car il sait parfaitement que pour le peuple iranien la monarchie fait partie du passé et que son seule chance de prendre le pouvoir réside dans le soutien des puissances étrangères.

Or, l'époque où les Iraniens ne disposaient pas d'organisation séculaire et républicaine et les monarchistes et les Moudjahidines pouvaient se prétendre comme seuls représentants du peuple, est révolu. Un bienfait de l'époque Khatami a été que durant ses huit années de pouvoir, de nouvelles organisations séculaires ont pris forme en Iran ; elles sont plus organisées aujourd'hui que pendant toute la période du règne du Chah, de 1953 à 1979 et bénéficient de la confiance du peuple.

En revanche, parmi les monarchistes, il existe certaines personnalités de l'époque du Chah qui cristallisent la haine des défenseurs des droits de l'homme, car ils représentent les symboles du piétinement des droits de l'homme sous le Chah. Ceux qui, dans le camp des monarchistes, brandissent aujourd'hui le slogan de Khomeiny, « Tous ensemble », cette fois-ci au nom de Réza Pahlavi, se trompent car, comme pour le cas de Khomeiny, ce slogan n'est qu'un instrument de prise de pouvoir !

Quant aux Moudjahidines, même les portraits de Chariati pendant le mouvement estudiantin de novembre-décembre 2002, ont porté préjudice au soutien du peuple iranien à l'égard de ce mouvement. En effet, Chariati rappelle la République Islamique et les Moudjahidines. Le peuple rejette toute forme d'islamisme, à la façon de la République Islamique ou à celle des Moudjahidines. Il revendique une sécularité complète.

A plusieurs reprises, le peuple iranien a déclaré qu'il ne voulait pas de Khatami, car celui-ci ne demande pas une république séculaire pour l'Iran. Comment alors le peuple se soumettrait-il au régime islamique des Moudjahidines qui prétendent être les propagateurs d'une nouvelle forme d'islamisme, tout en étant conscient du non respect des droits de l'homme par les Moudjahidines, même à l'égard de leurs anciens membres et de leur collaboration avec le régime de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak ?

Si les Etats-Unis aident la République Islamique, les monarchistes et les Moudjahidines, le peuple iranien ne les considérera plus comme un allié du mouvement pour l'instauration de la démocratie en Iran. Imaginez-vous un instant, qu'en raison de leurs désaccords avec le gouvernement actuel de la France, les Etats-Unis tentent d'aider les monarchistes français à prendre le pouvoir et cela, de surcroît, de manière armée. Le peuple français nourrira à jamais de la haine à l'égard des Etats-Unis.

Comme les Américains, les Iraniens revendiquent pouvoir élire leur Président dans une « république séculaire ». Si les Américains sont autant attachés à leur république séculaire, pourquoi prescrivent-ils la monarchie pour l'Iran ? J'espère que les Etats-Unis affirmeront clairement à Réza Pahlavi qu'ils ne sont pas disposés à l'aider pour prendre le pouvoir en Iran et que s'il veut s'adhérer au mouvement pour l'instauration de la démocratie dans ce pays, il lui faudrait déclarer la caducité de la monarchie.

De même, si les membres des Moudjahidines veulent s'adhérer au mouvement pour la démocratie en Iran, il leur faut dissoudre l'Organisation des Moudjahidines pour créer une organisation démocratique ou s'adhérer aux organisations existantes du mouvement pour la démocratie.

Les monarchistes et les Moudjahidines ont retardé de 25 ans la victoire du mouvement pour la démocratie en Iran et la création d'une république séculaire.

En espérant une république tournée vers l'avenir, fédérale, démocratique et séculaire en Iran.