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Revue IRAN-INFO-PARS - 33
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

L'Iran installe des centrifugeuses pour l'uranium à Natanz (diplomates)


 

AFP, Vienne, 2 février - L'Iran assemble les premières de 3.000 centrifugeuses qu'il veut installer dans un site souterrain pour enrichir de l'uranium malgré les appels de l'ONU et a restreint le travail des inspecteurs de l'AIEA, a appris l'AFP jeudi soir de sources diplomatiques.

Cependant, l'Iran n'a pas encore assemblé de ligne complète (ou cascade) de centrifugeuses, nécessaire pour commencer le travail effectif d'enrichissement sur le site de Natanz (centre), ont indiqué ces diplomates sous couvert de l'anonymat.

"La construction a commencé, mais les cascades n'ont pas encore été assemblées", a déclaré l'un d'eux.

Selon un autre diplomate, la mise en place des pièces de centrifugeuses a débuté la semaine dernière.

L'Iran utilise des cascades de 164 centrifugeuses chacune. Deux d'entre elles fonctionnent déjà à des fins de recherche à Natanz, dans une usine pilote située en surface. Cette usine ne peut produire que de faibles quantités d'uranium enrichi.

En revanche, l'installation souterraine, protégée comme un bunker contre d'éventuels bombardements aériens, pourrait, lorsqu'elle fonctionnera à pleine capacité, au niveau "industriel", produire en un an assez d'uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique, ont déclaré des experts.

Le début de l'assemblage dans ce site souterrain de Natanz marque une étape importante dans la crise autour du nucléaire iranien, alors que Téhéran est sous le coup de sanctions limitées décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU pour le contraindre à suspendre toutes ses activités d'enrichissement de l'uranium.

L'Iran est soupçonné par les Etats-Unis et d'autres pays de vouloir, sous couvert d'un programme nucléaire civil, se doter de l'arme atomique.

L'uranium enrichi est utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires, mais il peut aussi servir à fabriquer une bombe atomique.

Conformément à la résolution du Conseil de sécurité du 23 décembre, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed ElBaradei devrait faire rapport le 21 février prochain, et constater alors que les Iraniens ont ignoré les demandes onusiennes.

Le projet d'installer 3.000 centrifugeuses à Natanz avait donné lieu samedi à des déclarations contradictoires en Iran, un responsable parlementaire affirmant qu'il était lancé avant que l'information ne soit formellement démentie par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.

Des diplomates ont aussi indiqué jeudi à l'AFP à Vienne que l'Iran empêchait des inspecteurs de l'AIEA d'installer des caméras de surveillance dans la partie souterraine de Natanz.

"Les Iraniens ne sont actuellement disposés à accepter l'installation de caméras qu'à l'extérieur des salles où se trouvent les cascades, ce qui ne permet pas à l'AIEA de surveiller l'ensemble du processus d'enrichissement d'uranium", a déclaré un diplomate qui a requis l'anonymat.

Mais, les Iraniens n'ont pas encore introduit le combustible, de l'uranium gazeux, dans les centrifugeuses et les inspecteurs ont donc "du temps devant eux", a estimé une source diplomatique.

La surveillance de telles installations par des caméras et des inspections est prévue par les accords découlant du Traité de Non-prolifération (TNP) dont l'Iran est signataire.

Ces développements interviennent alors que les Etats-Unis font pression sur leurs alliés européens pour un renforcement des sanctions.

L'AIEA enquête depuis 2003 sur le nucléaire iranien après des révélations selon lesquelles Téhéran a caché des activités nucléaires sensibles pendant 18 ans.

L'agence onusienne se plaint d'un "manque de coopération" de l'Iran pour expliquer ses activités passées.

 

L'Iran n'a aucunement l'intention de cesser ses travaux nucléaires, selon un responsable 04.02.2007

Reuters, Téhéran, 4 février – L'Iran n'a pas l'intention de suspendre ses travaux d'enrichissement d'uranium comme l'exige la résolution de l'ONU imposant des sanctions, a affirmé dimanche un haut responsable nucléaire du pays, dernier geste de défi de la part de Téhéran à l'approche de la date limite fixée par l'ONU.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution le 23 décembre, imposant des sanctions limitées contre l'Iran pour son refus de suspendre ses travaux atomiques, les puissances occidentales craignant que ceux-ci leur servent à développer la bombe nucléaire.

Le Conseil a accordé à l'Iran un délai de 60 jours pour mettre un terme à l'enrichissement, processus pouvant servir à produire du combustible nucléaire pour alimenter des centrales (objectif que l'Iran dit viser), ou bien à développer des têtes nucléaires. « Nous pensons que la résolution comporte de sérieux problèmes légaux et exécutifs. Nous disons depuis le début que l'Iran refuse de l'appliquer », a déclaré Gholamreza Aghazadeh, directeur de l'Organisation de l'Énergie atomique d'Iran, cité par l'agence de presse officielle IRNA.

D'autres hauts responsables iraniens ont également exclu l'idée d'une suspension. , Interrogé sur les intentions déclarées de l'Iran d'étendre sa capacité d'enrichissement à son site de Natanz en y installant 3000 centrifugeuses atomiques de plus, Aghazadeh a affirmé : « Soyez patients encore quelque temps. Nous allons communiquer des informations à ce sujet».

En Iran, deux cascades expérimentales de 164 centrifugeuses, qui tournent à une vitesse supersonique pour purifier l'uranium, sont déjà en marche. L'uranium hautement enrichi peut être utilisé pour fabriquer des ogives nucléaires.

Selon Washington, l'Iran fait une «erreur de calcul » s'il pense qu'il peut installer des centrifugeuses tout en évitant une nouvelle résolution de l'ONU ou des pressions supplémentaires.L'Iran n'a pas dit quand les travaux d'installation des 3000 centrifugeuses additionnelles débuteraient, mais d'après certains experts, il y a des chances pour que cela ait lieu le 11 février à l'occasion de l'anniversaire de la révolution islamique.

« Bientôt, nous allons annoncer de bonnes nouvelles nucléaires », a déclaré Aghazadeh, sans donner plus de détails. Les médias iraniens ont beaucoup cité le président Mahmoud Ahmadinejad annonçant que le 11 février serait le jour où « l'on démontrera le droit fondamental de la nation iranienne » à la technologie nucléaire.

Washington dit vouloir résoudre le conflit nucléaire avec l'Etat islamique par la diplomatie, mais n'a pas exclu la possibilité d'une action militaire si elle venait à échouer. Samedi, des émissaires du Mouvement non-alignés des nations en voie de développement ont visité le site d'Ispahan, où le minerai d'uranium est converti en gaz hexafluoride d'uranium. L'Iran a déclaré que cette visite était la preuve de la transparence de son programme atomique.

Iran: la tension monte - 05.02.2007

LEXPRESS.f, 5 février – Deux cascades de 164 centrifugeuses ont été installées à l'usine iranienne de Natanz, ce qui ouvre la voie à la production d'uranium enrichi à l'échelle industrielle. Pendant ce temps, en France, Roland Dumas suscite la polémique en assurant que la possession d'une bombe nucléaire par l'Iran serait "un facteur d'équilibre"

Deux cascades de 164 centrifugeuses chacune ont été installées à l'usine iranienne de Natanz, ce qui ouvre la voie à la production d'uranium enrichi à l'échelle industrielle, apprend-on de sources diplomatiques européennes.

NOUVELLE ETAPE DANS LA CRISE ENTRE TEHERAN ET LES OCCIDENTAUX

Ces nouveaux équipements doivent être testés prochainement sans uranium, qui sera injecté dans un deuxième temps, si les tests sont concluants, a-t-on précisé, soulignant que les 328 centrifugeuses étaient les premières d'une série de 3000 dont l'installation est prévue pour les mois qui viennent.

"Les Iraniens semblent avoir l'intention d'installer six cascades, soit un millier de centrifugeuses environ, d'ici au printemps et le reste des 3000 aux alentours de juin", a-t-on ajouté. Les préparatifs en vue de la mise en service du site souterrain de Natanz ont été achevés ces dernières semaines.

L'installation de nouvelles cascades de centrifugeuses marquera une nouvelle étape dans la crise qui oppose Téhéran aux puissances occidentales, après l'adoption en décembre au Conseil de sécurité de l'ONU de sanctions condamnant la poursuite des activités d'enrichissement.

DUMAS MET LES PIEDS DANS LE PLAT

Par ailleurs, après la vive polémique suscitée par les propos de Jacques Chirac la semaine dernière, qui avait ouvertement envisagé la possibilité que l'Iran devienne une puissance nucléaire, Roland Dumas a mis les pieds dans le plat. L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères a assuré lundi au micro de France Inter que, si l'Iran possédait la bombe atomique, "ce serait un élément d'équilibre dans la région", poursuivant toutefois: "Mais cela suppose un accord, des contrôles, un climat autre que celui qui existe actuellement, qui est un climat de menaces".

Une position aux antipodes de celles de Ségolène Royal, qui s'est prononcée pour une interdiction du nucléaire iranien, non seulement militaire, mais aussi civil.