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Revue IRAN-INFO-PARS - 31
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LE HAMAS


Le Hamas s'est fondé par le cheikh Ahmed Yassine à l'aide de l'Iran, en tant que bras armé des « Frères Musulmans » en Palestine et lancement du jihad en 1987.

De nombreux experts pensent que l'histoire du Hamas commence seulement avec le tournant des années 1980 lorsque son influence politique commence à s'affirmer.

L'abréviation Hamas apparaît pourtant pour la première fois en 1987 dans un document accusant les services secrets israéliens (le Mossad) "de pervertir la morale de la jeunesse palestinienne en les recrutant comme collaborateurs".

Le Hamas s'est formé fin 1987, le mouvement est alors proche des Frères musulmans d'Égypte. Selon sa charte, "le Mouvement de la Résistance Islamique est l'une des ailes des Frères musulmans en Palestine"

Le Hamas se développe différemment en Cisjordanie, ne participant pas, notamment, à la création ou au contrôle d'institutions publiques. Les Frères musulmans en Cisjordanie forment alors une partie importante du Mouvement islamique de Jordanie qui fut pendant quelques années un allié du régime hachémite.

Les Frères musulmans palestiniens évoluent sous l'influence du cheikh Ahmed Yassine. Ce dernier prône l'action armée contre "l'occupant hébreu". Il est emprisonné par l'État israélien en 1989, puis relâché au cours d'un échange de prisonniers.

Les premières actions armées du Hamas commencent avec le début de la première Intifada. Elles s'attaquent en premier lieu aux Palestiniens mis en cause, puis en vient à attaquer les militaires israéliens eux-mêmes. Suivront des attaques contre des civils israéliens.

Le Hamas évolue vers un mouvement politique radical et organise des actions armées et violentes. Le rôle du Hamas est éclipsé en 1989, lorsque notamment son fondateur, Cheikh Ahmed Yassine, fut emprisonné en Israël.

De 1994 à 2004

Le Hamas rejette les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l'Autorité palestinienne. Toutefois, dans le même temps, Ahmed Yassine propose une hudna (trêve — en référence à la loi islamique qui permet une trêve conditionnelle limitée à 10 ans maximum avec des non Musulmans) si Israël accepte de se retirer des territoires occupés. Mohamed Nazzal, représentant de Hamas en Jordanie souligne que la trêve avec l'ennemi est « un principe sanctionné par la loi islamique, dépendant des circonstances et de l'accord unanime de la direction ». Cela, poursuit-il, ne suppose ni acceptation de la paix ni reconnaissance du droit des juifs en Palestine.

Le 16 avril 1993, le Hamas revendique le premier attentat kamikaze qu'il organise. Il est perpétré contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain.

Avant la seconde Intifada, le Hamas a inauguré l'utilisation des attentats-suicides contre des civils israéliens (à Hadéra, en avril 1994) et contre des soldats et a étendu la violence pendant les années du soulèvement palestinien, particulièrement durant la seconde intifada.

Le 6 avril 1994, le Hamas revendique le premier attentat kamikaze perpétré sur le sol israélien à Afoula affirmant vouloir « venger les martyrs » du caveau des Patriarches de Hébron, puis de son artificier Yahya Ayyash.

Il en revendiquera une vingtaine d'autres entre 1994 et 2000. Le Hamas a également revendiqué la plupart des attentats suicides opérés en Israël lors de la Seconde Intifada.

Le Hamas reçoit de nombreuses donations et fait des paiements conséquents aux familles des auteurs d'attentats suicide.

Selon plusieurs observateurs, l'ascension du Hamas est favorisée dans les années 1990 par les dirigeants du Likoud (Benyamin Netanyahu au pouvoir en 1996-1999 et Ariel Sharon), notamment en n'entravant pas son financement par des capitaux saoudiens.

Deux objectifs recherchés par la droite israélienne seraient ainsi atteints : le sabotage des accords d'Oslo avec l'augmentation des attentats terroristes, et l'affaiblissement du Fatah de Yasser Arafat, principal interlocuteur palestinien.

Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est assassiné lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon, son successeur Abdel-Azziz Al-rantissi a été également assassiné quelque jours après sa désignation. Des représentants du Hamas se présentent aux élections municipales palestiniennes de 2005.

À l'aide de l'Iran le succès aux municipales grâce au financement provenant de l'Iran fait alors apparaître les islamistes comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006.

Il observe dans le même temps une Tahdiya (sorte de trêve, accalmie au sens littéral) dans les attentats depuis l'attaque dans la ville de Beer Sheva en août 2004 (15 morts et 125 blessés), mais a cependant lancé une attaque une fois au même arrêt d'autobus en août 2005 (7 blessés).

Il a également revendiqué les tirs de roquettes effectués depuis la Bande de Gaza. Selon les Israéliens, 2990 attaques terroristes ont été menées contre Israël en 2005.

 

 

 

 

Élections législatives de 2006

Le 26 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, invite le Hamas à former le nouveau gouvernement.

Aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, le Hamas obtient 42,9 % des suffrages, ce qui lui donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132.

Ce résultat a été perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs pour le conflit israélo-palestinien. Pourtant le président israélien Moshe Katsav et l'ancien premier ministre Shimon Peres ont tout deux déclaré que si le Hamas reconnaissait l'existence d'Israël et abandonnait la terreur, Israël devrait négocier avec ce mouvement.

Selon certaines sources, pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif.

Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui selon lui a permis l'évacuation de la Bande de Gaza. Ainsi, il a placé sur ses listes des personnes comme Mariam Farahat, mère de kamikazes et qui a participé à leur action.

En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de Hudna et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien.

Le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : "Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste".

L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État islamique sur le territoire actuellement constitué d'Israël, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967).

Dans l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias, Abdel Aziz al-Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte » comme le dirait Ahmadinejad président iranien

Le Hamas ravit la majorité au Fatah lors des élections législatives palestiniennes de janvier 2006. En tant que parti islamique, il est opposé à l'existence d'Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté divine, l'ouverture d'un "processus de paix" ayant échoué. Cependant, en 2004, le Hamas évoque la possibilité d'une hudna après le rétablissement des frontières de 1967 et le retour des refugiés palestiniens.

 

Exercice du pouvoir

Ismaïl Haniyeh est désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.

 

Élections législatives

et présidentielle de 2006-7

Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, de nombreuses attaques de la part d'Israël et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales fractions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du premier ministre Ismaïl Haniyeh.

Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives (ce qui n'est en effet pas dans les prérogatives du chef de l'autorité palestinienne). Quoiqu'il en soit, Abbas n'a toujours pas agi dans ce sens et les négociations entre Hamas et Fatah n'ont toujours pas abouties.

 

Principes

Objectif

Son objectif, tel que défini dans la charte du Hamas, rédigée en 1988, est l'établissement d'un état appliquant la charia (le code de jurisprudence religieuse musulmane) sur l'ensemble de la Palestine (Israël, Cisjordanie et Bande de Gaza).

Selon Khaled Machaal, le dirigeant du Hamas, « la charte n'appelle pas du tout à la destruction d'Israël. En arabe, il est écrit : "Pour mettre un terme à l'occupation israélienne de la Palestine". Nous ne voulons pas nous débarrasser de l'autre, nous souhaitons seulement obtenir nos droits. » 

Le 10 janvier 2007, l'agence Reuters rapporte des propos de Khaled Machaal : « Il est vrai que, dans la réalité, il y aura une entité ou Etat appelé Israël sur le reste des terres palestiniennes », aurait-il déclaré, ajoutant cependant : « C'est une réalité mais je ne veux pas pour autant la reconnaître ou l'admettre formellement ». Ces propos sont interprétés comme une reconnaissance indirecte de l'État d'Israël.

Mais dès le lendemain, 11 janvier 2007, le président du groupe du Hamas au Parlement palestinien, Salah Bardawil, déclare au quotidien israélien Haaretz que les propos de Machaal « semblent avoir été déformés ».

Bardawil précise : « Il n'a parlé d'aucune reconnaissance d'Israël, seulement d'un cessez-le-feu avec Israël ».

Le même jour, l'agence de presse chinoise cite la réaction d'Ismaïl Radwan, porte-parole du Hamas à Gaza : « Aucune changement n'a été apporté à la position du mouvement concernant la reconnaissance d'Israël».

Selon Radwan, les remarques de Machaal « ont été mal comprises ».

 

Volonté de créer

un État religieux

« Quant à ses objectifs : Combattre le Mensonge, le défaire et le détruire pour que règne la Vérité, que les patries soient restituées, que l'appel à la prière annonçant l'établissement de l'État de l'islam soit lancé du haut de leurs mosquées (Article 9)».

« Dieu est son but, l'Apôtre son modèle et le Coran sa constitution (Article 9).»

Il n'est pas fait directement mention dans la charte d'une République islamique, comme en Iran. Le mot "République" n'apparait d'ailleurs pas. Certaines déclarations de dirigeants vont dans le sens d'une république islamique, mais pas toutes.

 

Hostilité aux juifs

Au-delà de l'hostilité à Israël, la charte exprime aussi une forte hostilité aux juifs en général.

« Le nazisme des Juifs vise également les femmes et les enfants ; ils terrorisent l'ensemble de la population, s'attaquent au gagne-pain des gens, pillent leurs biens et menacent leur honneur (Article 20). »

« Israël, par sa judéité et ses Juifs, constitue un défi pour l'islam et les musulmans (Article 28). »

« Grâce à l'argent, ils règnent sur les médias mondiaux, les agences d'informations, la presse, les maisons d'édition, les radios, etc. Grâce à l'argent, ils ont fait éclater des révolutions dans différentes régions du monde pour réaliser leurs intérêts et les faire fructifier. Ce sont eux qui étaient derrière la révolution française, la révolution communiste. […] Ils ont obtenu la déclaration Balfour et ont jeté les bases de la Société des Nations pour gouverner le monde à travers cette organisation. Ce sont eux qui étaient derrière la Seconde Guerre mondiale, qui leur a permis d'amasser d'énormes profits grâce au commerce du matériel de guerre. Ils ont préparé le terrain pour l'établissement de leur État et ce sont à leurs instigations qu'ont été créés l'ONU et le Conseil de sécurité pour remplacer la Société des Nations, afin de gouverner le monde à travers eux (Article 22). »

« Le plan sioniste n'a pas de limite ; après la Palestine, ils ambitionnent de s'étendre du Nil à l'Euphrate. Lorsque ils auront parachevé l'assimilation des régions jusqu'aux quelles ils seront parvenus, ils ambitionneront de s'étendre plus loin encore, et ainsi de suite. Leur plan se trouve dans "les Protocoles des Sages de Sion" (Article 32).»

Abdel Aziz al-Rantissi, un des représentants et co-fondateur du Hamas (assassiné en 2004 par l'armée israélienne), a déclaré en 2003 que la Shoah n'avait jamais eu lieu et que les sionistes étaient derrière les agissements des Nazis et qu'ils financèrent le nazisme.

 

Action armée

Le Hamas pratique la lutte armée contre Israël principalement sous forme d'attentats suicides et de tirs de roquets artisanales contres des agglomérations israéliennes. Les brigades de Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas, sont en particulier responsables de nombreuses attaques, d'attentats (dont de nombreux kamikazes) contre des civils. Elles s'en prennent aussi aux Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël.

La Commission des Droits de l'Homme des Nations unies, Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé des violations des Droits de l'Homme par la branche armée du mouvement.

 

Mouvement caritatif

Le Hamas grâce à l'Iran et l'Arabie Saoudite finance de nombreux programmes d'aide et de formation, avec le financement d'un certain nombre d'activités économiques locales (création d'orphelinats, de dispensaires, élevage, production de vêtements pour l'emploi des femmes, mise en place de réseaux scolaires, etc.).

Le Hamas est donc aussi un réseau caritatif, et jouit ainsi d'une certaine popularité dans les classes sociales les plus pauvres. Il utilise un réseau d'associations de collecte de fonds implantées dans de nombreux pays européens, comme le CBSP (Comité de Bienfaisance et de Solidarité avec les Palestiniens) en France.

 

Localisation

Le Hamas est principalement présent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ainsi que dans les camps de réfugiés palestiniens dans les pays arabes limitrophes et en Iran.

Certains leaders comme par exemple le chef politique du Hamas, Khaled Machaal sont réfugiés à Damas.

Le Hamas dispose également de camps d'entraînement en Syrie, au Liban, en Iran et au Soudan.

 

Financement

Selon certains analystes, les Frères musulmans palestiniens étaient financés pendant les années 1970 et 1980 directement et indirectement par différents États comme l'Arabie saoudite et la Syrie.

Le principal donateur du Hamas depuis 1987 l'année de sa création est cependant l'Iran et l'Arabie Saoudite.

 

Désignations occidentales

Le ministère américain des affaires étrangères classe le Hamas comme organisation terroriste. Le 6 septembre 2003, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne dénoncent les pratiques du Hamas et des ses sous-organisations. Quant à la France, elle s'est un temps opposée à l'ajout du Hamas dans la liste de l'Union européenne, jusqu'à ce que, interrogé à ce sujet par le quotidien israélien Haaretz le 19 juillet 2005, Jacques Chirac déclare : « le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu'il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël. C'est la position de l'Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas. »