LE
PÈRE D’ISRAËL
Nous avons dit précédemment que la branche française de l'empire des fut fondée par James (Jacob) Rothschild. Après sa mort, son fils Alphonse Rothschild (1827-1905) fut placé à la tête de la branche française. A la suite de la défaite de Napoléon III en 1870, il mena les négociations pour payer les dommages de guerre de la part de la France, qu'il garantit avec sa fortune colossale.
En 1871-1872, Alphonse Rothschild prêta une somme importante au gouvernement d'Adolphe Thiers et selon l'encyclopédie Britannica, l'octroi de ce prêt permit à Thiers de rester au pouvoir. A la même époque, à Londres, son cousin, Léonil, fils de Nathan, prêta 4 millions de livres à Disraeli, Premier Ministre britannique, ce qui permit à la Grande-Bretagne d'obtenir la majorité des parts dans la compagnie Suez !
Cependant, la principale personnalité de la branche française de l'empire des Rothschild fut le baron Edmond James de Rothschild (1845-1934), le fils cadet de James Rothschild. Le nom de ce Rothschild est lié à l'installation des Juifs en Palestine et la création de l'État d'Israël. Le baron de Rothschild dépensa 70 millions de francs or pour l'instauration des Juifs en Palestine, une somme considérable mais qui, face aux biens détenus par la famille Rothschild et des objectifs économiques et politiques recherchés était infime. Compte tenu de son rôle déterminant dans la création de l'État d'Israël, Edmond de Rothschild fut surnommé par Chaïm Weizmann, de « leader politique du sionisme » et par les sionistes de « père précurseur ».
Edmond de Rothschild est le précurseur de la première action sioniste. Ce fut grâce à ses capitaux que, pour la première fois en 1883, les premiers camps des juifs furent installés sur le territoire palestinien. A l'époque de Herzel, le baron de Rothschild était adepte d'une action « silencieuse » et « rampante » des juifs en Palestine. Toutes les activités menées par les spécialistes français en Palestine étaient financées par lui. Ce fut également son influence en France qui conduisit ce pays à soutenir les sionistes et à aider l'installation des juifs en Palestine. L'action de Rothschild se réalisait grâce à une organisation administrative violente qui menait des opérations agressives contre les juifs pauvres immigrés. Ces actions provoquèrent des révoltes parmi les juifs. L'encyclopédie juive prétend que même si pendant 20 ans les actions agressives du baron de Rothschild ont été critiquées par les immigrés juifs, aujourd'hui « à travers un aperçu historique il s'avère que la bureaucratie de Rothschild a joué un rôle positif » !
Dans les années 1887, 1893 et 1899, le baron de Rothschild a visité les camps des juifs en Palestine et a présenté des lignes de conduite quant à l'autosuffisance des camps, la baisse du niveau de vie, la diminution des gaspillages, la communication en hébreux et la revivification des traditions de la religion juive. Lors de ces voyages, il a fait acheter de nouvelles terres pour l'installation des camps juifs dans le Golan et dans d'autres régions palestiniennes. Avec un capital de 14 millions de francs, le baron de Rothschild a acheté 32 000 ha de terres et a créé 12 nouveaux camps qui, grâce à son aide, devinrent rapidement autosuffisants et furent nommée « complexes d'installation des juifs ». Lors de sa quatrième tournée en Palestine, en 1914, le baron de Rothschild s'est dit satisfait des résultats de son action. Outre les investissements dans le domaine de l'agriculture, il a joué un rôle principal dans l'extension de l'industrie de fabrication de vin en Palestine. Il a fondé la « corporation électrique de la Palestine » et « l'université hébraïque ». Lors de cette tournée, il indiqua à Chaïm Weizmann : « sans mon aide, les sionistes ne pouvaient rien faire et sans eux, mes actions auraient été vaines ». De son côté, Weizmann qualifia la pensée « politique et nationale » de Rothschild de prémonitoire. Le baron de Rothschild a usé de son influence pour que la France opte une attitude positive à l'égard de la déclaration de Balfour. A la fin de la première guerre mondiale, James Rothschild, fils de baron de Rothschild, en tant qu'officier de l'armée britannique entra en Palestine. En 1923, le baron de Rothschild investit des fonds pour la création du « Complexe d'installation des juifs de la Palestine » (PICA) dirigé par son fils, avec pour objectif la création de nouveaux camps. Dans les années 1924 et 1925, Rothschild s'est encore rendu en Palestine. Lors de ces voyages, Weizmann, en parlant de lui, a déclaré : « Je pense qu'il est le dirigeant du sionisme de notre génération ». Plus tard, David Ben Gourion affirma : « Je pense que depuis son apparition sur la scène de l'installation des juifs jusqu'à notre époque (1949) personne n'a mené autant d'action pour l'implantation des juifs en Israël ». En 1929, le baron de Rothschild fut nommé président d'honneur de l'Agence juive et il y resta jusqu'à la fin de sa vie. Il mourut en 1934 à Paris, laissant en Israël 63 000 ha de terres et 30 camps.
Le rôle primordial de la branche française de l'empire des Rothschild dans le sionisme international ne s'arrête pas avec la mort de baron de Rothschild. Les petits-fils de James Rothschild premier ont été des défenseurs inconditionnels de l'État d'Israël durant la seconde moitié du 20e siècle, tout en étant eux-mêmes des dirigeants sionistes de premier rang. Aujourd'hui, à la tête de la branche française de l'empire des Rothschild se trouvent Guy de Rothschild (né en 1909) et Edmond de Rothschild (né en 1936). Le baron Guy de Rothschild était parmi les personnalités politiques et financières éminentes du gouvernement français qui, lors de la seconde guerre mondiale, fut l'aide de camp du général De Gaulle.
Le baron français Guy de Rothschild et le lord anglais Victor de Rothschild sont considérés aujourd'hui les deux principaux dirigeants de l'empire invisible des Rothschild à travers le monde.