LES
DÉGÂTS DE LA NATIONALISATION DU PÉTROLE
Au début de la décennie 1950, la nationalisation
du pétrole était une erreur politique, une erreur
économique et une erreur sociale. Ceux qui, en tant que
députés, faisaient l’éloge de la
nationalisation du pétrole, étaient soit consciemment
au service des puissances étrangères, soit inconscients
des conséquences de leur action. Bref, si la majorité
n’était pas au service de l’étrange,
elle était incapable de distinguer les intérêts
du pays.
Aujourd’hui encore, certains pensent pouvoir régir
les affaires du pays, sans aucune connaissance et expérience.
Le résultat ne sera pas différent.
Asseoir la propriété du gouvernement iranien sur
l’industrie pétrolière et ses installations
annexes, bien qu’il fut populaire, mais ne conduisit pas
aux résultats escomptés.
D’une part, les biens et les propriétés
de la Société du pétrole devinrent par
la force d’expropriation, propriétés du
gouvernement iranien et d’autre part, les organisateurs
de ce drame inachevé ne purent malgré leurs études
dans les pays européens, tenir leurs engagements.
Les puits furent fermés et la plus grande raffinerie
du monde à Abadan avec ses soixante mille ouvriers en
employés au chômage fut une charge pour l’État.
Sans l’autorisation du parlement Mossadegh ordonna l’émission
de billets et conduisit l’économie du pays à
la déroute.
Une minorité intitulée Front national, dont quelques-uns
de ses dirigeants par le biais de manœuvres politiciennes,
de seet-in, de discours enflammant, d’écrits insultants
et violents avait réussi à faire approuver au
parlement la loi sur la nationalisation du pétrole.
Aujourd’hui encore, ceux qui se prétendent héritiers
de ce mouvement qui traînent derrière le nom de
leur mouvement l’adjectif « national » croient
que Mossadegh était un dirigeant « national »
qui a résisté jusqu’à la fin de ses
jours, tandis que ni à cette époque, ni plus tard,
lors de son soutien à Khomeiny et ni à l’occasion
de sa participation à l’élection de Khatami,
cette formation politique n’a pas agi de manière
national. Bien au contraire.
La malchance et la politique des dirigeants de la société
pétrolière Anglo-Persia, leur ignorance et leur
négligence en vue de tenir les engagements stipulés
par l’accord de 1933 et leurs interventions dans la politique
intérieure de l’Iran ont créé une
haine générale à leur égard au sein
de la population. Si, à la place du Front « anti-national
», des personnalités compétentes, patriotes
et économistes auraient eu entre leurs mains la destinée
du pays ils auraient véritable réussi à
avoir gain de cause quant aux droits du peuple iranien.
La négligence des droits financiers de l’Iran au
sein des sociétés annexes et des de la société
Anglo-Persia à l’égard du gouvernement iranien
par Mossadegh, ne peut être considéré comme
une simple inconscience des dirigeants du Front national. Bien
qu’à l’époque, les journalistes et
les observateurs compétents exposaient les problèmes
aussi bien en face des dirigeants qu’à travers
les médias, à l’époque tout avis
contraire à celui de Mossadegh et des principaux dirigeants
du Front national, même économiquement bénéfique
au pays, était systématiquement écarté.
Le bilan du 31 décembre 1951 de la Société
du pétrole anglaise montre que la valeur des biens de
ladite société à travers le monde s’élevait
à 268 500 000 livres dont seulement 28 000 000 en Iran.
En effet, Mossadegh et ses amis n’ont nationalisé
que ces 28 000 000 et ne pensaient guère au restant des
capitaux qui se trouvaient éparpillés ailleurs.
Les biens de la Société à l’étranger
étaient huit fois supérieurs à ceux qui
lui appartenaient en Iran. Quelle autre société
autre que la société du pétrole anglaise,
aurait en contrepartie du huitième de son capital, payé
par ailleurs par le gouvernement et le peuple iranien, remettre
en cause cette nationalisation.
En effet, la nationalisation du pétrole fut bénéfique
à la Société du pétrole anglais
qui épargna tous ses autres biens. Le reste, comme les
plaintes déposées auprès des organisations
internationales n’était qu’une mise en scène.
Les documents du Foreign Office britannique montrent que l’inquiétude
de la Grande-Bretagne venait du fait qu’elle craignait
que l’Iran insiste pour avoir sa part dans les sociétés
annexes, mais Mossadegh était là !
D’ailleurs, lors de son voyage en Iran, Stoks avait pour
mission, en cas de demande iranienne, de verser immédiatement
une certaine somme au gouvernement iranien, pour ensuite procéder
à l’achat des actions !
Mossadegh et ses amis avaient pour mission de démunir
le peuple iranien de son droit inaliénable. Et cela tandis
que le vice-ministre des Finances de l’époque avait
écrit un article dans le journal « Dad »
à travers lequel il interpellait le Premier Ministre
sur cette question.
Mossadegh et ses compagnons avaient emporté un grand
succès dans leur mission de trahison et la Grande-Bretagne
était ravie de leur stupidité !
Mossadegh avait réussi à créer un système
de dictature de rue où tout contestataire était
menacé.
La Grande-Bretagne était même disposée à
verser une somme équivalent à la moitié
des valeurs des actions de l’Iran pour que celui-ci renonce
à ses actions dans les sociétés annexes.
Mossadegh démontra que la popularité lui importait
davantage que les intérêts nationaux. Il sacrifia
plusieurs millions de livres des biens iraniens au profit de
ses visées personnelles.
Farmanfarmaïan connu pour sa soumission à la Grande-Bretagne,
et dont la famille entière en est soupçonnée
(dont la trahison de Mossadegh avait dépassé la
sienne et on peut même affirmer que Mossadegh a été
le plus grand traître du peuple iranien) écrit
:
« Mossadegh et ses partisans, toute la société,
ont fermé les yeux et s’étaient enivrés
de leur soi-disant victoire, ils se moquaient des Anglais et
ne faisaient que du populisme ... »
Au parlement, Haérizadeh a déclaré : en
vertu de l’accord D’Arcy, nous étions actionnaires
dans le pétrole d’Irak, d’Argentine, de Mexique,
du Canada, d’Australie, de Cuba, de Koweït, d’Albanie,
de la Nouvelle Guinée et de Qatar, nous étions
actionnaires dans les pétroliers de la Compagnie dont
nous ignorons la quantité.
Lors de la campagne pour le pétrole, Abbas Golchaïan
qui fut qualifié de traître par le parti de gauche
dépendant de l’Union Soviétique, les groupuscules
socialistes, marxistes et surtout par les partisans du Front
national, ne put récupérer au profit de l’Iran
et cela malgré tous ses efforts, que 51 000 000 de livres
au total.
Ce que Mossadegh et ses compagnons avaient oublié étaient
les 20 % de participation de l’Iran dans les sociétés
annexes. Cependants, les partisans de Mossadegh, défenseurs
de la nationalisation du pétrole, affirment que l’Iran
n’était pas propriétaire de 20 % des actions
des sociétés annexes et par conséquent
il n’a subi aucun dommage !
Sont-ils véritablement au courant du contenu de l’accord
D’Arcy et plus tard de son avenant néfaste Armitage
Smith ? Ils évitent de faire allusion à l’accord
entre Armitage et Mochir ol-Dowleh, Nasr ol-Dowleh et la famille
de Mossadegh c’est-à-dire le roi Qadjar.
Ils ont toujours caché cet accord et le laisse dans un
complot de silence. Ils oublient que Mossadegh accepta l’argent
néfaste d’Armitage Smith lorsqu’il arriva
au ministère des Finances.
Après la conclusion de l’accord Armitage Smith,
par le biais de la nationalisation du pétrole, Mossadegh
détruisit ce revenu.
Dans la foulée des sentiments nationaux des personnes
comme Hossein Makki, Haérizadeh, Abdolghadir Azad, Mozaffar
Baghaï devinrent du jour au lendemain des héros
nationaux tandis que ceux comme Golchaïan et Mohammad Ali
Movahed qui considéraient du point de vue la nationalisation
du pétrole comme une expropriation de l’Iran des
sociétés annexes restèrent inconnus et
furent accusé d’être des agents au solde
de la Grande-Bretagne.
Dans notre histoire presque tous les agents au service de la
Grande-Bretagne sont considérés comme des héros
nationaux tandis que toutes les personnalités véritables
nationaux qui considéraient la Grande-Bretagne comme
le véritable ennemi de l’Iran ont été
accusés d’« agent anglais et collaborateurs
des étrangers ».
Pendant trois ans, depuis la nationalisation du pétrole
jusqu’à l’approbation de l’accord du
Consortium par le parlement, les puits de pétrole restèrent
fermés et l’Iran démuni de tout revenu.
Le chômage de milliers d’ouvriers et d’employés
de l’industrie pétrolière fut subi par l’État
et de surcroît les 20 % de la participation de l’Iran
dans les sociétés annexes disparurent à
jamais.
On ne peut nier que l’Arabie Saoudite dont le revenu pétrolier
avant la nationalisation était inférieur à
l’Iran, a réussi sans la nationalisation du pétrole
à signer des accords avec les Etats-Unis sur la base
de partage de 50-50 des profits.
Avant la nationalisation du pétrole iranien, l’Arabie
Saoudite percevait 16 schillings et 8 pence pour chaque tonne
de pétrole, le Koweït 13 schillings et l’Irak
12 schillings tandis que le total du revenu de l’Iran
pour chaque tonne de pétrole était de 21 schillings
et 3 pence.
Si la perte des intérêts iraniens constitue un
honneur, Mossadegh et ses collaborateurs peuvent en être
fiers.
Mossadegh a été acteur principale pour le scénario
du coup d’État.
Le coup d’État du 19 août était destiné
à détourner l’opinion publique iranienne
des conséquences néfastes de la nationalisation
du pétrole vers le conflit entre les agents à
la solde des anglais au sein de la société iranienne.
Dans cette affaire les rôles principaux revenaient à
Mohammad Réza Chah et Mossadegh.
Le colonialisme réussit à éliminer progressivement
les éléments qui ne pouvaient plus lui être
utiles et prépara la société iranienne
en vue de réaliser ses objectifs planifiés ...