L’ÉCONOMIE
PÉTROLIÈRE À L’ÉPOQUE DE RÉZA
CHAH
En
1921, l’Iran était le cinquième producteur
mondial du pétrole. Cependant, l’équilibre
commercial de l’Iran n’aurait pas connu d’amélioration
sans les devises issues de la Société Anglo-Persia.
Grâce aux revenus pétroliers, l’équilibre
commercial de l’Iran devint positif dès 1931 et
le pays devint moins tributaire de dettes extérieures.
En 1920, le revenu pétrolier de l’Iran qui était
auparavant de 469 000 livres, atteignit 4 271 000 livres. Cette
augmentation fut la cause de la basse du produit national brut.
Autrement dit, en 1901, le produit national brut était
de 80 à 90 %, tandis qu’en 1931, il baissa à
50 %. Cependant, les revenus pétroliers n’assuraient
qu’un tiers des dépenses de l’État
et étaient surtout destinés à l’achat
d’armement, le traitement des fonctionnaires, de l’armée
et de la famille impériale. Le reste des dépenses
de l’État était assuré par les impôts,
les taxes et les taxes douanières.
Le revenu pétrolier était de 1 325 552 livres
de 1913 à 1920.
1921 468 718 livres
1926 728 778
1927 1 412 000
1930 1 288 000
1931 307 000
1932 1 530 000
1934 2 159 000
1936 2 829 198
1938 3 307 000
1939 3 315 000
Ce processus d’augmentation du prix du pétrole
et de son exploitation, par conséquent l’accroissement
du revenu national et plus globalement, l’économie
pétrolière, permettait à l’État
de faire évoluer la structure politique et sociale du
pays et avancer dans le sens de la rénovation du pays
et de l’armée.
Comme nous l’avons déjà signalé,
pour obliger les chefs des tribus Bakhtiari à collaborer
et surtout à assurer la sécurité dans les
régions pétrolifères, les Britanniques
leur avaient accordé 37 320 actions d’un montant
d’un livre l’action dans la société
d’exploitation initiale. Chaque année ces tribus
prélevaient les profits que leur apportaient ces actions.
Après la première guerre mondiale, les chefs de
tribus Bakhtiaris avaient hypothéqué ces actions
en vue d’octroie de prêts. De même, chaque
année, au moment de la distribution des dividendes, des
conflits éclataient. En 1936, Réza Chah, conseillé
par les Britanniques, ordonna l’achat par l’État
des actions des tribus Bakhtiari, de remboursement des dettes
et de la levée de l’hypothèque sur ces actions.
L’État iranien acheta chaque action qui ne valait
qu’une lire à 10 livres sterling. La Grande-Bretagne
atteignit ainsi le but qu’elle recherchait par l’avènement
de Réza Chah : primo, la sécurité de la
région fut assurée dorénavant par le gouvernement
central et les chefs de tribus furent mis en déroute
; secundo, les actions détenues par les chefs de tribus
leur furent retirées et mises entre les mains du gouvernement
central. Par ce biais, grâce à ses agents inféodés
au sein du pouvoir iranien, la Grande-Bretagne trouve toute
la liberté de manœuvre qu’elle désirait
dans les affaires pétrolières de l’Iran.
Au début, pour avoir les mains libres, D’ARCY avait
créé la Société du pétrole
Bakhtiari et avait octroyé 12 000 actions aux chefs de
tribus Bakhtiari. En 1924, cette Société fut dissoute
et en échange, 3 % des actions de la « Société
d’exploitation initiale », soit 37 320 actions leur
furent attribuées.
La Société pétrolière versait 3
000 livres par an à Ilkhani et Ilbeyghi Bakhtiari pour
assurer la sécurité et sauvegarder ses installations.
Lorsque le gouvernement central établit son pouvoir au
Khouzistan, la Société décida de mettre
un terme au versement de ladite somme. Or, dans l’accord
initial conclu entre les chefs de tribus et la Société,
cette dernière s’était engagée, à
la fin de la durée de l’accord, d’abandonner
ses installations à Masdjed Soleyman aux chefs de tribus.
Plus tard, cet engagement fut abandonné et en échange
la Société s’engagea à leur verser
annuellement 3 000 livres jusqu’à la fin de la
durée de concession. Lorsque l’État iranien
acheta les actions des chefs de tribus, ladite somme était
annuellement versée au gouvernement de l’Iran.