LA
CROISSANCE DE L’INDUSTRIE PÉTROLIÈRE IRANIENNE
DE 1933 À 1939
Lors de la signature de l’accord de 1933, seules les réserves
de Masdjed Soleyman et de Haftghel étaient exploitées.
Plus tard de nouvelles explorations ont permis la découverte
de nouvelles zones pétrolifères dont l’exploitation
ne tarda pas à commencer.
Un an après la signature de l’accord, une réserve
de pétrole fut découverte à 16 km au nord-ouest
de Haftghel, appelée Naft-é Séfid qui s’étendait
sur une superficie d’environ 24 km de long et 16 km de
large. En 1938, fut découverte la réserve de Lali
au nord de Masdjed Soleyman. L’exploration du pétrole
dans cette région par la Société avait
duré onze ans et quatre puits avaient même été
creusés mais sans beaucoup de succès. Or, la réserve
de Lali était très importante et l’épaisseur
de la couche était de 365 m. Cependant, l’exploitation
du pétrole de Lali fut retardée de 10 ans.
En 1935, des puits furent creusés sur cette réserve
ce qui permis de découvrir qu’il existait d’importants
gisements de pétrole à Aghadjari. A 24 km d’Aghadjari,
un autre important gisement fut découvert mais qui disposait
de peu de pétrole et de beaucoup de gaz.
Dans la région de Gatchsaran, dont la réserve
était découverte avant 1930 mais qui n’était
pas encore exploitée, des puits furent creusés
en 1935 découvrant la grande capacité de ce gisement
dont le pétrole est plus lourd que celui des autres réserves.
Ce gisement est situé à une profondeur de 914
m et s’étend sur 32 km de long et 8 km de large.
L’épaisseur du gisement est de 460 m. Dès
1936, les dispositions pour l’exploitation de ce gisement
furent réunies et des pipe-lines furent commandés
à l’étranger.A la même époque,
un projet fut élaboré en vue de construire au
port Machour les installations nécessaires au chargement
des pétroliers d’où devait être exporté
le pétrole de Gatchsaran et d’Aghadjari. Il était
également question de la construction d’une raffinerie
au port Machour. Ces projets furent abandonnés à
la suite du changement de la politique générale
de la Société.
Bref, entre la date de la signature du nouvel accord et le début
de la seconde guerre mondiale, quatre grands gisements de pétrole
et un important gisement de gaz furent découverts. Les
préparatifs pour leur exploitation étaient en
cours mais le pétrole était effectivement exploité
des régions de Haftghel et de Masdjed Soleyman. En 1934,
la production pétrolière annuelle de l’Iran
était de 2 000 000 de tonnes ; or, avec la construction
de nouveaux pipe-lines et l’amélioration des installations
d’exploitation, elle a atteint 6 000 000 de tonnes en
1939.
Des progrès importants furent également réalisés
à la raffinerie d’Abadan durant cette période.
Des installations de cracking et des usines de distillation,
de fabrication de bitume et d’acide sulfurique etc. furent
construites et la capacité de raffinage s’élevait,
en 1939, à 10 000 000 de tonnes par an. Le port d’Abadan
se modernisa ; de nouveaux quais furent construits à
Bavardeh et à Khosroabad ; de nombreux bacs furent créés
pour le stockage des produits. Ainsi, à la veille de
la seconde guerre mondiale, la raffinerie d’Abadan était
dotée de toutes les installations nécessaires
pour e raffinage du pétrole et le traitement des produits
annexes.
De 1933 jusqu’à
la seconde guerre mondiale, la quantité de pétrole
brut exportée de l’Iran était insignifiante.
Une partie était transportée en Egypte et traitée
par la raffinerie de la société Shell et le reste
prenait le chemin de la Grande-Bretagne et de l’Australie,
où il était raffiné et mis sur le marché.
Les revenus du gouvernement connaissaient une courbe ascendante
:
1933 1 785 000 livres
1934 2 159 000
1935 2 192 000
1936 2 829 198
1937 3 445 000
1938 3 307 000
1939 3 315 000