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Revue IRAN-INFO-PARS - 27
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LE PREMIER ACCORD COMPLÉMENTAIRE DU PÉTROLE (ARMITAGE SMITH-MOHAMMAD MOSSADEGH)

En 1920, Mirza Hassan Khan Mochir ol-Dowleh fut nommé Premier Ministre par Ahmad Chah (inféodé à la Grande-Bretagne), de même que Mossadegh ol-Saltaneh au poste de ministre de la Justice. Or, ne disposant pas de diplôme d’études indispensable, il ne put devenir ministre. La même année, sur la proposition de son oncle, Farmanfarma, et l’approbation de Mochir ol-Dowleh, il fut nommé gouverneur de Fars. A la même époque le commandant des forces anglaises en Iran, le général Cham Pine, céda sa place au général Edmond Ironside.
Selon les dires de Mossadegh : « Le 8 octobre 1921, après la chute du gouvernement de Seyyed Zia, lorsque j’ai reçu un télégramme de la part de Ghavam ol-Saltaneh pour occuper le poste de ministre des Finances, je me suis rendu à Téhéran. Arrivé à Téhéran, Armitage Smith qui, selon l’accord de 1919, était conseiller financier la Grande-Bretagne au sein de ce ministère, est venu me voir. Lors de notre première entrevue je l’ai connu comme un homme cultivé et bien élevé. Le 20 novembre de la même année, l’Assemblée nationale me confia des pouvoirs, pour une période de trois mois, pour réformer le ministère des Finances et examiner les dettes de la société du pétrole au gouvernement iranien. J’ai collaboré avec monsieur Armitage Smith concernant cette dette et la concession pétrolière dans son ensemble. Un accord est intervenu entre moi-même avec pleins pouvoirs et Armitage Smith en tant que représentant du gouvernement britannique, mais cet accord ne fut jamais publié ». En effet, l’accord complémentaire (Armitage Smith-Mohammad Mossadeg) fut signé par Mohammad Mossadegh ministre des Finances et Ghavam, Premier Ministre. En échange des sommes importantes versées de la part de la société Anglo-Persia, ils évaluèrent à la baisse les dettes de la société à l’égard de l’Iran et privèrent ce dernier des bénéfices des sociétés annexes.
Après la première guerre mondiale, le développement de l’activité de la société Anglo-Persia prit une vaste ampleur. La société prélevait sur les capitaux et les bénéfices de la société toute somme qu’elle jugeait utile pour les investissements. Elle poursuivait également ses activités à l’extérieur de l’Iran à travers les sociétés annexes. Selon l’évaluation du commissaire au compte d’Armitage Smith, Sir William Mac Lintack, jusqu’en 1919, la société avait versé à l’Iran 535 000 livres de moins de ce qu’elle lui devait. Or, cette somme s’élevait en vérité à plusieurs millions de livres. Suite à l’accord conclu entre Armitage Smith et Mohammad Mossadegh, un avenant à l’accord pétrolier fut signé durant l’été 1920 et le gouvernement anglais versa un million pour la dette de la société qu’il avait évalué. Il fut également décidé que le prix de la tonne de pétrole qui était alors de 1,5 shilling soit réévalué à 5 shillings (il faut noter que le revenu total du gouvernement iranien depuis le début de l’exploitation du pétrole jusqu’en 1919 avait été de 1 325 000 livres).

L’accord Armitage Smith du 4 juin 1920
Le gouvernement accepte et admet que premièrement, les 16 % des bénéfices bruts stipulés dans le chapitre 10 de l’accord d’Arcy du 28 mai 1901 et selon le nouvel accord et les propositions de Mr Mac Lintak et de Mr Lloyd et dont les modalités ne sont pas encore définies soit interprétés (cela signifiait qu’il n’est plus question des 16 % des profits nets des sociétés annexes). Deuxièmement, qu’il soit mis un terme aux prétentions concernant le droit du gouvernement sur le transport du pétrole par les navires comme décrit dans l’accord du 4 juin 1920, la société du pétrole Anglo-Persia s’engage à : 1) remettre au gouvernement iranien la somme de 500 000 livres sterlings au comptant ou 100 000 actions ordinaires de la compagnie sans droit de vote en échange des revendications du gouvernement iranien quant à ses droits jusqu’au 31 mars 1919 ; 2) de retirer ses revendications quant aux dommages subis par la destruction du pipe-line au mois de février 1919 ; 3) de retirer ses revendications quant à baisser de 3 % la part de l’Iran que la compagnie avait été obligée de verser aux tribus Bakhtiari.
Les Britanniques prétendaient que l’accord avec D’ARCY était signé au moment où on ne connaissait pas l’étendue des réserves pétrolières de l’Iran et les conditions du contrat étaient injustes au profit de l’Iran et les 16 % des bénéfices nets accordés à l’Iran constituent l’objet du conflit entre l’Iran et la société Anglo-Persia ; dans les conditions la moitié du capital de la société appartient au gouvernement anglais, un quart à la société Bermeh (société anglaise) et un quart restant appartient au gouvernement iranien et aux personnalités iraniennes et anglaises. Par conséquent le gouvernement anglais tentait de changer les termes de l’accord pour diminuer les bénéfices de l’Iran. Ainsi, la première action entreprise par la Grande-Bretagne fut de signer un avenant à l’accord entre Armitage Smith et Mohammad Mossadegh en vue de palier à cette situation. Dans cet avenant les droits de l’Iran étaient revus à la baisse car les investissements de cette société dans les autres pays étaient effectués avec les fonds provenant du pétrole iranien et les profits réalisés par les sociétés annexes ne revenaient plus à l’Iran.