Destruction de l’Afghanistan
« Au moment où l’armée rouge envahissait Kaboul en
décembre 1979, Washington et Riad se retrouvèrent alliés
objectifs, pour endiguer une double menace : celle de Moscou et celle de Téhéran.
L’Afghanistan va devenir un double champ de bataille où Washington
voudra conjurer les deux contagions politiques de l’URSS et de l’Iran.
L’idéologie professée en milieu chiite iranien par l’Ayatollah
Khomeiny n’était pas en soi foncièrement différente
de celle des intégristes sunnites d’extrême droite au Pakistan,
ou encore de celle des rigoristes sunnites Wahhabites d’Arabie Saoudite … Le
reproche central de Washington à Téhéran ne concernait même
pas la violation, par le nouveau régime iranien, des droits de l’homme
bien plus durement piétinés en réalité par l’Arabie
Saoudite, en attendant l’exubérance maniaque des Talibans à Kabul … le
danger du régime iranien pour les Etats-Unis venait de ce que Téhéran
contestait la légitimité des intérêts américains
dans la région tant pétroliers que stratégiques. L’Arabie
Saoudite au contraire s’intégrait pleinement dans le dispositif
de défense américain. La diplomatie américaine crut donc
vital de renforcer le régime saoudien et partant d’en encourager à travers
le Moyen-Orient le message de légitimité islamique (1) directement
et indirectement et en caché la relation avec la révolution de
Téhéran, pour approvisionner mieux les Moudjahiddines afghans contre
l’URSS pour endiguer celle-ci… »
Le monde entier est au courant de ce qui se passait en Iran, après la
révolution islamique. Pour maintenir le pouvoir Islamiste en Iran et augmenter
la crise régionale afin d’avoir des répercussions sur le
prix du pétrole et vendre des armes, l’armée irakienne encouragée
par USA, assistait par la France attaque le pouvoir Islamiste. A l’intérieur
de l’Iran, des Moudjahiddines, à sa tête Massoud Radjavi,
joua le rôle de cinquième colonne. C’est les moudjahiddines
qui exécutèrent, les premiers jours de la révolution islamique
les dirigeants de l’ancien régime, les officiers, les journalistes,
les ministres sur le toit de l’école Alavi. C’est les moudjahiddines
qui attaquent 14 février 1978 les casernes et volèrent toutes les
armes qui se trouvaient dans les dépôts. Des millions iraniens morts
dans les champs de bataille ; des millions quittent l’Iran, mais l’Ayatollah
devint plus fort ! Après un quart de siècle ! L’administration
américaine ; sous la présidence George W. Bush commit la même
erreur calculée pour renforcer l’Etat Islamiste en Iran, en attaquant
d’abord l’Afghanistan et ensuite à l’Irak. Résultat
: des morts, des émigrés, l’insécurité.
A nos jours malgré l’invitation du nouveau régime Kaboul
et le désir du gouvernement iranien, et du conseil de Nation Unis les
afghans immigrés ne veulent pas quitter ce pays et d’entrer chez
eux. Ils savent d’avance qu’il n’y a pas dans le pays ni travail,
ni argent et ni la sécurité en plus les talibans sont toujours
sur place.
Michael Barry écrivait dans son livre : « … Le Coup d’Etat
communiste à Kaboul du 27 avril 1978 où les officiers marxistes
afghans indiquent un Daoud qui tente – trop tard – de se détacher
de l’orbite soviétique pour ce rapprocher de l’Iran impérialiste,
précipite en effet toutes ces disputes régionales, locales, territoriales,
ethniques, religieuses, dans une crise mondiale appelée à s’éterniser
23 ans … . Après les communistes « Pachtouns » pro-soviétiques
minés dans leurs haines de clan, s’affronterons aussi entre la tribu
des Ghilzaii qui se masque derrière l’appellation Khalgh et celle
des Dorrani, camouflée sous l’étiquette de « Partcham » … d’avril
1978, vingt-cinq mille détenus périssent, mitraillés par
dizaine chaque nuit pour être enterrés au bulldozers dans des fosses
communs devant les hauts murs qui entourent la prison, transformé en camp
de concentration de Polé Tcharkhi … »
En avril 1978 Davoud après 5ans au pouvoir à son tour fut tué par
ses protecteurs. Le complot était dirigé par Nour Mohammad Taraki
qui le remplace. Davoud n’aimait pas l’Iran, il a donné l’ordre
que « la langue Persane parlée par soixante pourcent de la population
afghan s’intitule désormais, non plus parsi ou farsi comme en Iran
voisin, mais de son très vieux médiéval de « Dari » pour
bien séparer aux yeux du monde l’identité culturelle de son
pays de celle de Téhéran » Après toutes s ses tueries
et changements l’Afghanistan ne ,n’est pas plus calme. Les amis et
frères pendant que Nour Mohammad était au pouvoir, devenus ennemi, éliminent
physiquement Taraki le 4 septembre 1979. Quand il revenait d’une conférence
internationale communiste, invité par Moscou, il fut abattu par son lieutenant
Amin de tribu Ghalzaii, chef du parti gauche Khalgh (3) qui le remplaça
seulement pour trois mois. Hafizollah Amin à son tour mourra la nuit 26 à 27
décembre 1979 dans son palais par les militaires. Dans la dernière
semaine de l’année 1978, l’armée soviétique
et KGB ; avait pris Kaboul et donna à Babrak Karmel le pouvoir ! Un
demi million afghan mort dans cette histoire.
Najibullah mis au pouvoir par l’URSS de 1986 – 1992 la période
de la guerre entre la Russie et les Moudjahiddines Afghans aidés par les
Etats-Unis et l’Iran. Après avoir libéré Kaboul par
les Moudjahiddines afghans en 1992, Najibullah prend le statu de réfugié dans
le bureau des Nation Unis à Kabul et il vivra avec sa famille et son frère
dans le bâtiment de Nation Unis pendant 4 ans. Le 26 septembre 1996, vers
14h, des Talibans entrent dans le bâtiment des Nation Unis et emmènent
Najibullah et son frère quelque part et le lendemain les cadavres seraient
pendus à Kaboul dans le carrefour Aryana.
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1) Massoud, de L’islamiste à la liberté ; Par : Michael
Barry – Edition Audibert, Paris 2002, P 272
2) id. P 133, 136, 141
3) Les gauchistes utilisaient ce mot au lieu du peuple. En 1965 les opposants
du Chah, surtout les gauchistes l’organise et fondent une Association « Sazmané Moudjahiddines
Khalgh ».