Les dominations arabe et turque
La conquête de l'Empire perse sassanide a été entreprise
par les Arabes musulmans durant le califat d'Omar (634-644).
L'ancienne religion Zoroastre, bien qu'officiellement
tolérée par les dirigeants musulmans, n’a
pu résister à la force de l'islam et a été pratiquée
de moins en moins. Dans la seconde moitié du VIIème
siècle, les populations du plateau iranien ont
adopté, en majorité, le parti d'Ali, gendre
de Mahomet, dont le califat était contesté par
Mouawiya Ier. Ce dernier, ancien secrétaire du
Prophète, a fondé alors une nouvelle dynastie,
celle des Omeyyades dont il a été le premier
calife.
Cet épisode devait marquer le début d'une évolution
qui a conduit à un schisme au sein de l'islam
et à la naissance des courants sunnite et chiite.
Ce dernier a été majoritairement adopté en
Iran. Mais les influences culturelles ont été réciproques
entre sassanides et musulmans : si l'empire des califes
omeyyades, basé à Damas, était centré sur
d'anciennes provinces byzantines, les Abbassides, qui
ont choisi, à partir de 750, Bagdad pour capitale,
ont été très influencés par
la culture des Sassanides dont ils ont adopté le
mode de vie.
Mais le pouvoir des califes s’est révélé plus
théorique qu'effectif. En 809, la mort d'Haroun
al-Rachid a ouvert la voie aux mouvements séparatistes.
Des dynasties locales, comme les Saffarides (863-902)
ou les Samanides (874-1000) se sont émancipées
de la tutelle abbasside, essentiellement dans la partie
orientale du royaume. Les Buyides chiites ont régné même
sur Bagdad de 945 à 1055.
À
partir du XIème siècle, le nord de la Perse
a été conquis par les Seldjoukides qui,
en 1055, ont pris Bagdad. Ces Turcs sunnites ont régné jusqu'à la
fin du XIème siècle sur un territoire dont
les frontières correspondaient globalement à celles
de l'ancien Empire perse. Mais les croisades et la création
d'États latins en Orient, ajoutées aux
révoltes internes - des populations du Khorezm
au nord-est, des Ayyubides en Asie Mineure – ont
eu raison de la domination des Seldjoukides.
Les Mongols et les premiers Safavides
Au début du XIIIème siècle, les
Mongols de Gengis Khan ont déferlé à leur
tour sur la Perse et la région s’est trouvée
aux mains de ses descendants, les Ilkhans. Leur domination,
jamais vraiment acceptée par les populations locales,
a eu de graves conséquences économiques
et sociales. Le processus de nomadisation, déjà amorcé du
temps des Turcs, s’est accéléré avec
la destruction des villages et a entraîné la
régression de l'agriculture. Affaiblis par leurs
dissensions internes, les Ilkhans ont été balayés
par les hordes de Tamerlan, qui de 1360 à 1405,
a réussi à bâtir un immense empire
ayant pour centre Samarkand. Après sa mort, les
Timurides sont parvenus à se maintenir uniquement
sur le centre et le nord de la Perse jusqu'en 1517, favorisant
une renaissance culturelle avec le développement
d'une littérature «nationale» et l'introduction
de techniques et de thématiques artistiques venues
d'Extrême-Orient, tandis qu'à l'ouest, les
nomades turkmènes d'Anatolie et d'Azerbaïdjan, émancipés,
se sont constitués en confédérations
souvent rivales.
Depuis le XIVème siècle, une partie de
l'Azerbaïdjan était dominée par des
descendants du calife Ali, les Safavides. L'un d'entre
eux, Ismaïl Ier, s’est fait proclamer chah
de Perse en 1501 et, après avoir éliminé les
Turkmènes de la région, il a entrepris
d'édifier un vaste empire qui, dans les premières
années du XVIème siècle s'étendait,
de l'Azerbaïdjan au Golfe Persique et de l'Irak
aux confins de l'Elbourz. S'appuyant sur la religion, élément
unificateur, les Safavides ont fait du chiisme la religion
nationale et ont construit un État prospère.
Le règne d'Ismaïl Ier a été marqué par
la naissance d'un conflit avec les Turcs Ottomans, qui
a occupé ses successeurs et ne s'est achevé qu'avec
la prise de Bagdad, en 1623, par le chah Abbasier. Son
règne a marqué l'apogée du royaume
safavide, tant au niveau politique que culturel. Il a
noué les premières relations commerciales
avec la Compagnie britannique des Indes orientales, réorganisant
même son armée avec des conseillers anglais.
Il a rétabli l'ordre et le calme dans son royaume
et a fait construire à Ispahan, sa capitale, de
splendides monuments. Mais ses successeurs se sont montrés
incapables de poursuivre son œuvre. Si son influence
culturelle est demeurée forte dans l'Inde moghole,
au sein de l'Empire ottoman et jusqu'en Europe, le pays était
miné par des conflits internes entre chiites et
sunnites et, en 1722, les tribus afghanes sunnites pillaient
Ispahan.
Les interventions européennes
En rébellion contre les Afghans, Nader, un chef
de bande originaire du Khorassan, région de l'est
de l'Iran, a levé une armée nationale qui
a chassé les intrus en 1729. Couronné chah
en 1736, il a poursuivi une campagne triomphale de conquêtes
territoriales qui l’a mené jusqu'à Delhi
(1739), au Turkestan et au khanat de Boukhara, vassalisé.
Ses descendants, les Zends, ont connu une période
de paix et de prospérité, mais leur dynastie
a été renversée par un chef d'ascendance
turco-mongole, Agha Muhammad Chah, fondateur de la dynastie
Kadjar. Après avoir installé sa capitale à Téhéran,
il a entrepris de prendre la Géorgie passée
sous domination russe et de pacifier le Khorassan resté fidèle à Nader.
Mais son assassinat en 1797 devait ouvrir l'ère
de déclin de l'Iran.
Les Européens, et en premier lieu les Russes,
dont l'expansion vers le sud était motivée
par la recherche de débouchés maritimes,
ainsi que les Anglais, avaient désormais le champ
libre. Ces derniers n’ont pas tardé à acquérir
une place prépondérante dans le commerce
et les finances de l'Iran.
En 1828, l'Iran a perdu ses provinces du Caucase (Arménie,
Azerbaïdjan du Nord) au profit de la Russie. En
1847, l'Empire ottoman s'est assuré la souveraineté sur
les régions du Chatt al-Arab. Les Britanniques
ont vaincu les Iraniens en 1856-1857, les ont forcés à évacuer
l'Afghanistan et à reconnaître l'indépendance
de ce pays. Durant les années 1880, les Russes
ont établi peu à peu une sphère
d'influence au nord de l'Iran, tandis que les Britanniques
obtenaient le contrôle du Golfe Persique.
En 1900, la Russie a pris le contrôle des douanes
iraniennes en échange de prêts financiers.
Un an plus tard, les Britanniques ont obtenu une concession
de soixante ans pour exploiter les ressources pétrolières.
La rivalité entre les deux pays ne s'est apaisée
qu'en 1907, lors de la signature d'un accord rendu nécessaire
par l'Entente cordiale: les frontières de l'Iran
ont été fixées, des zones d'influences
attribuées. Le nord-ouest a échu aux Russes,
le sud-est aux Britanniques, le centre restait neutre.
En réaction à cette mainmise sur le pays
et à la faiblesse des souverains iraniens, un
mouvement nationaliste s’est formé au début
du XXème siècle. Il a exigé l'instauration
d'un gouvernement constitutionnel. En 1906, sous la contrainte,
le souverain Muzzafar al-Din a dû réunir
le premier Madjlis (Parlement) qui a promulgué une
Constitution libérale. Son successeur, Muhammad
Ali Mirza (1907-1909), absolutiste, a été déposé au
profit de son fils Ahmad Chah, âgé alors
de douze ans. Il lui était alors difficile de
lutter contre la mainmise étrangère. En
1911, c'est d'ailleurs William Morgan Shuster, un financier
américain, qui s’est vu confier confier,
par le Madjlis, la tâche de réformer les
finances nationales.
La dynastie Pahlavi
L'Iran est resté neutre pendant la Première
Guerre mondiale, mais il a été le théâtre
d'affrontements entre Britanniques, Russes et Ottomans
pour le contrôle des gisements de pétrole.
Les Britanniques qui ont cherché, à la
fin de la guerre, à établir un régime
de protectorat se sont heurtés à la réaction
de différents mouvements nationalistes. L'un d'entre
eux a été couronné de succès
en 1921 : Riza Khan, commandant d'une force de cosaques
iraniens, a renversé le dernier des Kadjars. En
1925, il a été couronné chah, fondant
ainsi la dynastie Pahlevi. Son règne, durant lequel
la Perse est devenue officiellement l'Iran (1934), a été une ère
de modernisation générale du pays, tant
au niveau des infrastructures que de l'appareil administratif.
Dans le même temps, la société devait être
remodelée par un vaste programme d'occidentalisation
et marquée par un nouveau statut de la femme (le
port du tchador a été aboli). Mais l'Iran
n’est pas devenu pour autant un État démocratique
: le pouvoir, autoritaire et centralisé, a réprimé avec
force toute forme d'opposition. Les concessions pétrolières
ont été renégociées : l'Iran
percevait dorénavant des redevances sur les bénéfices
des sociétés pétrolières.
Neutre au début de la Seconde Guerre mondiale,
l'Iran a été envahi par la Grande-Bretagne
et l'URSS en août 1941, dans le but de protéger
les gisements pétroliers d'une éventuelle
emprise allemande. Les Alliés ont assumé le
contrôle de toutes les communications iraniennes,
et Reza Chah, autrefois défenseur des intérêts
de l'Axe, a dû abdiquer en faveur de son fils,
Muhammad Riza Chah. Celui-ci a conclu un traité avec
les Britanniques et les Soviétiques, par lequel
ces derniers s'engageaient à respecter l'intégrité territoriale
de l'Iran et à se retirer six mois après
la fin des hostilités. Ces principes ont été réitérés
lors de la conférence de Téhéran
en novembre 1943. L'Iran a signé la charte des
Nations Unies à San Francisco, le 26 juin 1945,
devenant l'un des membres fondateurs de cette organisation.
En 1945, les provinces d'Azerbaïdjan et du Kurdistan,
sous contrôle soviétique, se sont soulevées
contre l'Iran et ont proclamé leur autonomie.
Les Soviétiques ont empâché l'Iran
de réprimer cette insurrection cependant que les
Britanniques refusaient de quitter leur zone d'occupation.
De longues négociations se sont tenues alors, à l'issue
desquelles, le 2 mars 1946, les deux pays se sont retirés,
et l'ordre a été rétabli.
Le pétrole, source de conflits
Après la guerre, l'Iran a refusé d'exploiter
ses ressources pétrolières avec l'Union
soviétique et a accepté une aide américaine.
Le choix fait par Muhammad Riza Chah, en faveur du camp
occidental, s’est traduit, en 1949, par l'interdiction
du parti communiste iranien (Toudeh), jugé prosoviétique.
Cependant, le pouvoir des compagnies pétrolières étrangères était
de moins en moins accepté par l'opinion publique.
Le gouvernement a dû s'entendre avec l'Anglo-Iranienne
Oil Company, contrôlée par les Britanniques,
sur un doublement des redevances sur le pétrole.
Le Parlement n’a pas ratifié cet accord,
jugé insatisfaisant par plusieurs membres.
Après l'assassinat le 7 mars 1951, du Premier
ministre, le général Ali Razmara, par Fadaiian
Islam (les dévoués islamistes), le Madjlis
a décidé de nationaliser l'industrie pétrolière
au faveur des Anglais. Muhammad Mossadegh, chef d'une
coalition de groupes nationalistes (Front national) et
partisan de la nationalisation du pétrole, a reçu
la confiance du Parlement et a accédé au
poste de Premier ministre. Les tentatives pour résorber,
par la négociation, la crise virtuelle qui s'ensuivit
entre l'Iran et la Grande-Bretagne, ont échoué.
Mossadegh a refusé les propositions des États-Unis,
de la Banque mondiale et de la Cour internationale de
Justice. En 1952, il a demandé les pleins pouvoirs
et le contrôle de l'armée. Malgré son
hostilité, le chah a dû, finalement, s'incliner.
Si la Grande-Bretagne a accepté la loi de nationalisation
iranienne, elle a continué à exiger une
compensation, ce qui a conduit à la rupture des
relations diplomatiques entre les deux pays, le 22 octobre
1952. Au début de l'année 1953, le Parlement
a prolongé les pouvoirs dictatoriaux de Mossadegh,
d'une année. Le Premier ministre a exigé alors
que le chah soit privé de ses pouvoirs.
Le chah (yankophile), qui s'opposait à Mossadegh
(anglophile) sur bien des points, parmi lesquels la question
du pétrole, a démis son Premier ministre
de ses fonctions le 13 août. Celui-ci a refusé de
se retirer, et des affrontements ont opposé, pendant
plusieurs jours, ses partisans aux royalistes. Ces derniers,
soutenus par l'armée, la police et la CIA, ont
obtenu le contrôle de Téhéran et
ont arrêté Mossadegh. Le 5 septembre, le
gouvernement américain a accordé à l'Iran
un prêt d'urgence de 45 millions de dollars. L'Iran
a repris ses relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne.
Mossadegh a été condamné le 2 décembre à un
an et demi d'emprisonnement pour rébellion.
En 1954, le gouvernement iranien et les représentants
d'un consortium pétrolier international, formé de
huit compagnies, dont l'Anglo-iranien, se sont entendus
sur la réactivation de l'industrie pétrolière
nationalisée : le Consortium gérerait l'industrie,
mettrait sur le marché la production pétrolière,
partagerait les profits de manière équitable
avec l'Iran et verserait des compensations à l'Anglo-iranien
pour les pertes subies. En 1958, le gouvernement iranien
a conclu avec les compagnies américaines un accord
garantissant à l'Iran 75 p.100 des profits.
«
Révolution blanche» et
Révolution islamique
Réinstallé sur le trône avec l'aide
des États-Unis, en 1953, Muhammad Riza Chah s’est
rapproché de ce pays : en mars 1959, l'Iran a
signé un accord de défense avec Washington,
puis a reconnu Israël, en 1960. Cette décision
a envenimé ses relations avec la Ligue arabe,
qui a décidé d'étendre le boycottage
lancé contre les partenaires commerciaux de l'État
hébreu à l'Iran.
À
la suite d'un conflit avec le Parlement, le chah a accordé,
en 1961, à son Premier ministre, le pouvoir de
gouverner par décret. L'année suivante,
Muhammad Reza a lancé une réforme agraire,
connue sous le nom de «révolution blanche».
Certains groupes religieux et conservateurs, opposés à ce
programme de redistribution des terres et à l'émancipation
des femmes, ont encouragé un soulèvement
en juin 1963, mais, en 1966, toutes les grandes et moyennes
propriétés avaient été réparties
entre près de 4 millions de paysans. Au cours
des années 1960, outre ce programme foncier, le
chah a favorisé l'industrie nationale et s'est
attaché à diversifier les exportations.
Le niveau de vie de l'Iran s'est accru rapidement, notamment
grâce à un engagement de la fortune personnelle
du chah.
À
la fin des années 1960, l'Iran s’est dégagé progressivement
de l'emprise américaine et a renforcé ses
relations diplomatiques avec les pays communistes, ainsi
qu'avec l'Europe. Au début des années 1970,
l'Iran a resserré également ses liens avec
le bloc arabe, à l'exception de l'Irak, du fait
d'un contentieux territorial portant sur le Chatt al-Arab,
ainsi que sur plusieurs îles du Golfe Persique.
L’Iran et l’Irak ont mis temporairement fin à leur
différend en signant un accord en mars 1975. En
réalité, l’Iran officiellement perd
les îles Bahrayn par l’influence et la pression
des anglais en 1971.
En même temps, voulant consacrer son pouvoir absolu,
le chah a annoncé la fin du multipartisme et la
formation d'un parti unique, le parti de la Résurrection
nationale. L'élection d'une nouvelle Assemblée
nationale a eu lieu en juin 1975. La police secrète
du chah, la Savak, forte de plus de 100000 hommes, a
réprimé durement l'opposition grandissante.
Celle-ci a été surtout le fait de mouvements
islamistes, dirigés, depuis la France, par l’appui
des États-Unis et du Royaume-Uni en soutenant
Rouhollah Khomeiny, en exil depuis 1963. En 1978, à l'instigation
des islamistes, des émeutes d'une rare violence
ont eu lieu dans plusieurs villes iraniennes. À la
fin de l'automne, le pays a été entraîné dans
une guerre civile et, en janvier 1979, les fidèles
de l'ayatollah ont contraint le chah à l'exil,
mettant ainsi fin à un règne de trente-sept
ans. Peu après, Khomeiny revenait triomphalement à Téhéran.
La République islamique
L'Iran de Khomeiny
Le nouveau régime a mis fin aux relations directes
avec les États-Unis et a exécuté des
partisans du chah. En novembre 1979, lorsque le souverain
déchu s'est exilé aux États-Unis,
des militants de la Révolution ont envahi l'ambassade
américaine à Téhéran, un
complot du nouvel pouvoir en Iran avec les Etats-Unis,
prenant en otage cinquante-trois personnes. En échange
de leur libération, le nouveau régime exigeait
le retour du chah dans son pays afin qu'il fût
jugé, ainsi que le remboursement de milliards
de dollars que les islamistes l'accusaient d'avoir détournés
des caisses de l'État. Sans qu'un accord officiel
ne fût intervenu, les otages ont été finalement
relâchés en janvier 1981.
Les relations se sont aggravées également
avec l'Irak qui a exigé, en septembre 1980, la
révision de l'accord de 1975. Cette révision
refusée, l'Irak a abrogé unilatéralement
l'accord et a attaqué l'Iran, s'emparant, en décembre,
de la zone frontalière du Khouzistan, au sud-ouest
de l'Iran, particulièrement riche en pétrole.
La guerre Iran-Irak s’est prolongée huit
ans. Durant la même période, les Kurdes à l'ouest,
les Azéris au nord et les Arabes au sud-ouest
prenaient les armes contre le gouvernement afin d'obtenir
l'autonomie.
Sur le plan interne, la République islamique a été proclamée
par référendum le 1er avril 1979, situation
entérinée par une nouvelle Constitution
approuvée en décembre 1979. Lors des élections
présidentielles qui ont eu lieu en janvier 1980,
les électeurs ont porté leur choix sur
Abol Hassan Bani Sadr, un économiste libéral
formé en Occident, collaborateur de l'ayatollah
Khomeiny, le guide suprême de la Révolution.
Cependant, les élections parlementaires ont été remportées
par le Parti républicain islamique, rassemblant
une grande partie du clergé, favorable à l'établissement
d'une théocratie. Ce conflit a abouti en juin
1981 à la destitution par Khomeiny du président
de la République Bani Sadr, qui a été contraint à l'exil.
Aux élections générales d'octobre
1982, a été élu le religieux Ali
Khamenei. La mainmise des religieux radicaux sur tous
les rouages de l'État a été complète.
Elle a remodelé en profondeur la société iranienne,
passée totalement sous leur contrôle, y
compris au niveau judicaire.