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Revue IRAN-INFO-PARS - 23
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

La révolution dirigée par l’occident

Le matin du 16 janvier 1979, Mohammad Reza Chah et son épouse (la régente) fuient Téhéran et laissent la place vide aux partisans de Aagha Seyed. Le mouvement anti-régime prend de l’ampleur quand le Chah, dans son discours diffusé par la radio et la télévision, déclare avoir entendu la voix de la révolution.

Alors, ceux qui ne croyaient pas jusque là à la révolution et au changement de régime – qu’ils fussent favorables ou non à celui-ci -, sont descendus dans la rue.
Ce discours avait été rédigé par Reza Ghotbi Guilani, cousin de la Reine Farah, Directeur de la télévision iranienne et par Seyed Hossein Nassr … Aussitôt, le souverain, sous l’influence de son épouse qui avait rencontré Chahpour Bakhtyar chez Reza Ghotbi au mois de septembre, et avait discuté avec lui des conditions pour devenir Premier Ministre, congédie le Premier Ministre militaire, le Général Gholamreza Azhari, et confie les reines du pays à Chahpour Bakhtyar qui rêvait de devenir Président de la République et vengeait sa famille, surtout son père qui avait été fusillé par Reza Chah, car accusé de haute trahison. Il se considérait comme le fils de Mohammad Mossadegh et disait vouloir achever l’œuvre de son maître.
« … j’ai réalisé mon programme en 37 jours, j’en suis fier. Mais c’était trop tard. Six mois plus tôt, il était encore possible de redresser la situation … Cela faisait vingt-cinq ans que j’étais dans l’opposition, depuis le renversement de Mossadegh dont j’étais l’un des ministres… » Il a cru qu’il pourrait calmer l’agitation et empêcher l’arrivée au pouvoir de Khomeiny. Il pensait également que l’armée le soutiendrait dans sa lutte contre l’insurrection religieuse. Mais les chefs militaires n’obéissaient qu’au souverain qui n’était plus là.
Le dernier poste occupé par Chahpour Bakhtyar au sein du gouvernement, était celui de Vice-ministre au Ministère du travail, à l’époque où Ebrahim Khalil Aalémi était ministre de Mossadegh et porte-parole gouvernemental. Il était recommandé par la Reine Soraya, sa cousine. Il n’était pas actif et n’avait pas directement de responsabilités. Le dernier Premier Ministre du Chah n’a pu résister face au peuple qui réclamait Khomeiny depuis plus d’un mois, alors il s’est éclipsé au bout de trente-sept jours en laissant le pays aux révolutionnaires, et en quittant Téhéran avec l’aide de la France et de son ami Bazargan, le Premier Ministre provisoire, pour s’enfuir déguisé vers Paris.
L’enquête sur l’assassinat de Chahpour Bakhtyar explique que la France a joué un rôle capital pour faire sortir Bakhtyar d’Iran. En effet, le dernier Premier Ministre du Chah, après six mois de vie clandestine à Téhéran a écrit une lettre à Élysée. Dans cette lettre, il demandait l’aide de la France pour quitter son pays. Le Président de la République, par l’intermédiaire du Ministère des Affaires Étrangères, a envoyé des instructions à son Ambassadeur en Iran, pour lui offrir un faux passeport français, avec une autre identité. Finalement, Bakhtyar, déguisé en pasteur chrétien, quitte Téhéran. À Orly, son fils Guy qui était dans la police française l’attendait, c’était au mois juillet 1979. Le même livre disait que Bakhtyar s’était rendu, au printemps 1980, à Bagdad pour demander l’aide financière de Saddam Hossein. Dans leur entretien, Saddam Hossein a accepté de financer le mouvement dirigé par Bakhtyar, dans l’espoir de renverser le régime de Khomeiny.
Le Chah d’Iran, en quittant Téhéran le 16 janvier 1979, n’a pas songé au destin de trente millions d’Iraniens. En quittant en larmes le pays, il savait que ce départ était sans retour ! Un soldat de la brigade immortelle à l’aéroport de Mehrabad, a attrapé le pied du souverain pour l’empêcher de partir, mais en vain ! L’avion était vide, mais le Chah a préféré laisser tous ses proches à la merci du régime des mollahs. Des milliers de personnes ont été exécutées et des millions ont pris le chemin de l’exil, de manière qu’actuellement, le nombre des émigrés iraniens dans le monde est le plus élevé de tous ! L’Iran impérial avec l’appui des Américains qui étaient fatigués du Chah hésitant, indécis, qui avait lui-même dit avoir entendu la voix de la révolution, aussi changea-t-il son régime monarchique et chah in chahi, Un régime dictatorial où tout dépendait du Chah, de lui seul, transformé en République, mais islamique, avec à sa tête Khomeiny qui vivait en exil par ordre du Chah, depuis 1964 en Turquie, et ensuite en Irak, et à partir de 1978 en France … Un dictateur militaire est parti, et un autre dictateur religieux le remplace ! Les Américains qui croyaient au début que Khomeiny allait être un agent obéissent se sont aperçus qu’il n’était plus le même en arrivant à Téhéran, qu’il était devenu intransigeant, dur et qu’il ne parlait que de l’islam et de velayat faghih et qu’il considérait les USA comme le grand Satan et une vache laitière ! La réaction de Washington s’est aussitôt manifestée, tout de suite après l’occupation de l’Ambassade et la prise d’otages ! Dans la guerre opposant l’Iran et l’Irak, Washington a apporté son aide à Saddam Hossein, car si Khomeiny ajoutait l’Irak à ses royaumes et y remportait la révolution, il serait devenu le maître du Golf Persique et aurait eu moitié du pétrole du monde !
Jean Claude Barreau, écrivait dans son livre : « … le cri Allah Akbar (Dieu et grand) qui se levait d’Iran, a secoué le monde entier. Jusqu'à présent, les Occidentaux prenaient l’Islam pour une religion pacifique, calme, sur la défensive, avec ses miniatures, sa musique et ses coutumes et traditions qui étaient au goût de tout le monde … Un voyage dans un pays islamique était un must pour les écrivains et les hommes de lettres, car ils apprenaient de nouvelles choses… »
La nouvelle relative au retour de l’ancien roi d’Afghanistan dans son pays avec le consentement de la Maison Blanche, a donné un faux espoir aux partisans de l’ancien régime de Téhéran, surtout aux Iraniens qui se trouvent depuis des années en Californie, excités par certains journaux et par la télévision Farsi financée par Israël, qui affirmaient que le changement de régime en Iran était imminent !
Reza Pahlavi, fils de Mohammad Reza Pahlavi, dernier roi d’Iran, renversé par la Révolution Islamique en 1979, qui souhaite revenir un jour en Iran, et trouver ce que son père a perdu, accélère ses activités auprès de l’administration américaine. Le président américain, dans un discours prononcé le 13 mai 2003, disait qu’il allait aider les journaux en langue persane édités aux États-Unis et déployant une activité contre le régime de Téhéran. ( ?) Le prince qui ne connaît pas vraiment sa patrie, puisqu’il l’a quittée à l’âge de dix-sept ans, avant la révolution, le 26 juin 1978, a contacté les organisations juives qui sont très puissantes en Amérique…
Mais en fait, le prince Reza a été utilisé par les USA pour stabiliser le régime. Il dira le 27 mai 2003 à la BBC que sa mission consistait à voir les Iraniens librement choisir leur destin. Le Figaro, dans un article du correspondant à Téhéran, en date du 29 mai 2003, affirmait que le fils du Chah avait échoué et n’avait aucune chance en Iran. Cependant, l’Iran se fâche, mais les USA sont contents car ils ont trouvé un autre moyen de faire pression sur la République Islamique qui répète le slogan lancé par Khomeiny, et considère toujours l’Amérique comme le Grand Satan. De plus, durant les vingt années qu’a duré la révolution, Khomeiny s’est débrouillé sans demander l’aide des Américains, en revanche, il a établi une très bonne relation avec la Russie, et par cette politique a montré ses dents aux Américains, en leur prouvant qu’ils n’étaient pas seuls sur l’échiquier politique mondial. Vous pouvez deviner le mécontentement de l’Amérique qui avait aidé au renversement du Chah et avait porté Khomeiny au pouvoir. D’après le comportement des mollahs, certains observateurs croient que la République Islamique joue la carte britannique, pour étoffer cette thèse, ils s’appuient sur l’affaire de Salman Rushdie et sur la diffusion des informations par la BBC en langue persane, qui à travers ses commentaires, ses témoignages et des informations déformées, montre sans ambages le chemin et remet entre les mains des Mollahs la direction du pays ! N’oublions pas que cette radio avait joué un rôle important pour le départ de Reza Chah et de son fils !
Salman Rushdie avait publié Les versets sataniques, un roman tout à fait fictif, qui a été considéré contraire aux intérêts des musulmans et du monde islamique, mais qui, au fond, a aidé au développement de la révolution islamique et a fait indirectement, à travers le monde, de la publicité en faveur de l’Ayatollah et continue d’en faire. Ne soyez pas étonnés si le risque existe toujours, malgré ses différentes demandes et ses diverses démarches diplomatiques, notamment la rencontre des deux ministres des Affaires Étrangères d’Iran et de Grande-Bretagne à New York, aux Nations Unies, le 24 septembre 1998, en vue de l’abandon par le gouvernement iranien de l’exécution de la fatwa, ce qui a été fait. L’exécution d’une fatwa est une affaire religieuse et non pas gouvernementale. L’organisation Panzdahé Khordad, qui voulait exécuter la fatwa, a augmenté la mise à prix de la tête de Salman Rushdie, qui s’élevait déjà à plusieurs millions de dollars. C’est pour cette raison, selon les chiites intégristes, que la fatwa reste toujours valable. Salman Rushdie vit, donc, actuellement en sursis. On se demande combien de temps cela va durer ?