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Revue IRAN-INFO-PARS - 20
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LE ROLE DE LA GRANDE-BRETAGNE DANS LA GENESE DE LA REVOLUTION ISLAMIQUE EN IRAN ET DU RENFORCEMENT DES GROUPES ET DES MOUVEMENTS ISLAMISTES ET INTEGRISTES DANS LE PROCHE-ORIENT

Dans le précédent article, nous avons signalé que vers la fin du décennie 1960, compte tenu des conditions particulières de l’époque, la Grande-Bretagne fut obligée d’annoncer l’évacuation de ses troupes de la région de l’est de Suez et du Golfe Persique. A la fin du mois de décembre 1971, la plupart des forces militaires anglaises étaient ainsi évacuées. Cependant, la question qui nous intéressait était de savoir si, le retrait des forces britanniques de cette région, signifiait la fin de ses convoitises centenaires coloniales au Moyen-Orient et dans le Golfe Persique. La réponse est clair : jamais. Car, une des causes principales de la décision précise à l’époque était celle des difficultés économiques de ce pays après la seconde Guerre mondiale. Par conséquent, si ces difficultés s’atténuer ou disparaissaient, cette puissance n’aurait jamais retirer ses troupes de cette région. D’ailleurs, la découverte de pétrole et de gaz dans la mer du Nord conduisit le vieux colonialisme anglais à adopter son ancien comportement. Cependant, un obstacle de taille lui faisait face : la superpuissance américaine, à laquelle la Grande-Bretagne avait confié, dans le monde bipolaire, la place qu’elle occupait auparavant. Dans les nouvelles conditions, la Grande-Bretagne devait rivaliser avec les Etats-Unis, mais de manière plus cachée et plus sournoise et cela dans les conditions où, pendant les décennies qui ont suivi seconde guerre mondiale, l’Angleterre se présentait comme alliée et ami proche de la superpuissance américaine sur l’échiquier politique international. La Grande-Bretagne devait jouer, pour atteindre ses objectifs régionaux et internationaux, un jeu double mais contradictoire. Un des principaux instruments utilisés par la politique coloniale de la Grande-Bretagne – en vertu des documents historiques indéniables – a été l’Islam et la mise à profit des religieux chiites et sunnites (en tant que groupes influents) dans les sociétés musulmanes et très traditionalistes du Moyen-Orient. Cependant, il ne faut pas exclure les commerçants et les négociants du Moyen-Orient et en particulier de l’Iran qui ont toujours joué un rôle politique important dans la survenue des évolutions politiques et sociales. Comme l’affirme Chariati, en Iran, les commerçants et les religieux se sont toujours soutenus. Il est à noter, dans ce même cadre, qu’une des obligations religieuses consiste à assurer les besoins des religieux chiites (le dîme en l’occurrence) et, outre les croyants, ce sont surtout les commerçants qui assurent ces besoins. Ceci a été aussi vrai avant la révolution et après sa victoire. La location de l’Airbus d’Air France pour conduire le dirigeant de la révolution iranienne (l’ayatollah Khomeiny), le versement de l’équivalent du salaire des ouvriers et fonctionnaires en grève de l’industrie pétrolière pendant les derniers mois avant la victoire de la révolution, l’achat d’armements légers pour les révolutionnaires sont autant de cas où l’aide des commerçants a été déterminante.
Dans sa rivalité avec les Etats-Unis au Moyen-Orient et en Iran, depuis les années 1970, la Grande-Bretagne a largement soutenu les groupes et mouvements islamiques dans cette région, dont presque la totalité avaient des tendances anti-américaines et combattaient la présence et l’influence des Etats-Unis dans les pays musulmans du Moyen-Orient. Par le biais d’une action planifiée, la Grande-Bretagne a réussi à renforcer qualitativement et quantitativement l’action et le nombre des groupes islamistes intégristes. Aussi, durant la décennie 80, rien qu’en Egypte, plus de 30 groupes et mouvements islamiques ont été créés ou développés. La victoire de la révolution islamique en Iran a été l’apogée des activités des intégristes musulmans dans le Moyen-Orient avec comme objectif principal la lutte contre toutes les manifestations de l’influence des Etats-Unis dans le Golfe Persique et le Moyen-Orient, la baisse des relations avec cette puissance et la création des difficultés face à l’extension de l’influence américaine. Nous avons été ainsi témoins en Iran : du renvoi des conseillers militaires et spécialistes américains (environ 40 000 personnes), la destruction des bases d’écoute, le refus d’accepter le nouvel ambassadeur américain à Téhéran, la baisse des relations diplomatiques à l’échelle de chargé d’affaires, l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran (pendant presque 444 jours) qui conduisit à la rupture totale des relations diplomatiques entre les deux pays au cours de la première année après la victoire de la révolution (en 1979 sur l’initiative américaine), le lancement du slogan « ni l’Est, ni l’Ouest » qui visait davantage les Etats-Unis que l’Union Soviétique, le retrait de l’Iran du traité de sécurité CENTO (qui, plus tard, fut disparu), la dénonciation des accords militaires bilatéraux, la dénonciation du traité d’amitié et de coopération (sécuritaire et militaire) irano-américain de 1959, la détérioration permanente des relations entre les deux pays depuis le début à la révolution à nos jours. Cependant, pendant cette même période, on assiste à l’amélioration des relations politiques, économiques et commerciales entre l’Iran et la Grande-Bretagne.
Outre le régime islamique en Iran, d’autres régimes islamiques ont vu le jour dans les territoires stratégiques du Moyen-Orient, comme en Afghanistan et au Pakistan qui constituent les zones d’influence de la Grande-Bretagne dans la région. Durant la décennie 1990, le régime des Talibans, un régime profondément islamiste et extrémiste a vu le jour qui a semé pendant des années l’insécurité dans la région. Depuis la crise irakienne et l’agression commune des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne contre ce pays et la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein, nous assistons à des tractations, parfois sanglantes, prenant de plus en plus d’ampleur, pour la mise en place d’un régime laïc ou islamique (à l’instar du régime islamique iranien) et le retrait rapide des forces d’occupation américaines (et non anglaises qui, apparemment, ne sont pas considérées comme des forces d’agression).
Quant au facteur étranger de la victoire de la révolution islamique en Iran il convient de noter qu’il est vrai que sous la présidence de Jimmy Carter, les Etats-Unis ont poussé le Chah à appliquer leur politique des droits de l’homme et ont ainsi conduit à la chute de ce dernier, or, ce fut la Grande-Bretagne qui provoqua pratiquement la chute du Chah grâce à ses aides et ses agents à l’intérieur du pays. Les antécédents historiques et le comportement politique de la Grande-Bretagne dans la région sont les preuves de cette affirmation. L’avènement de Mohammad Réza Chah, comme celui de son père, était dû à la Grande-Bretagne. Or, après l’arrivée au pouvoir, son père avait changé d’orientation, d’une part, dans la politique étrangère, il s’était rapproché de l’Allemagne et, d’autre part, son sentiment nationaliste le poussait à assurer les intérêts et la sécurité de l’Iran. Son fils a également fait de même ; ses idéaux nationalistes s’étaient renforcés et se préoccupait de plus en plus des intérêts du pays et de la sécurité nationale. Il agit dans le sens d’une plus grande indépendance, davantage d’entrées pétrolières pour l’Iran et sa transformation en une puissance nucléaire régionale. Il avait largement pris ses distances des Anglais. Ainsi, comme son père, destitué et mort en exil, il fut écarté du pouvoir par les religieux, partit en exil et y mourut (en Egypte). Le régime laïc Pahlavi fut remplacé par un régime islamique qui doit sauvegarder les intérêts britanniques au Moyen-Orient et en Iran.
Pour finir, voici une liste de groupes et de mouvements islamiques extrémistes fondés par la Grande-Bretagne à travers le monde et en particulier au Moyen-Orient pour assurer ses intérêts économiques :
Groupe islamique Abou Sayyaf (fondé en 1991), groupe islamique ETA en Espagne (1959), groupe islamique Hamas en Palestine (1987), Hizbollah au Liban (1984), mouvement islamique d’Uzbékistan IMU (1999), groupe islamique Al-jihad en Egypte (1970), Parti des travailleurs du Kurdistan PKK (1974), l’Organisation des Moudjahédines du Peuple MKE-MEK (1960), le Mouvement du Jihad islamique de la Palestion PIJ (1970), le Mouvement pour la Libération de la Palestine PLF (1984), groupe islamique l’armée de Mohammad au Pakistan JEM (1999), le mouvement islamique Al-moujahed au Pakistan HUM (1998), le groupe Al-Qaïda en Arabie (1980).
En prêtant attention à cette liste, on peut constater l’essence réelle de la Grande-Bretagne qui tente par le biais des guerres et des conflits, prendre en main la destinée des peuples de cette région du monde et assurer ses propres intérêts mercantiles et économiques, tout en égarant les opinions publiques et empêchant les mouvements de protestation spontanés.
L’Organisation Pars et le Comité pour le renversement demandent à tous les organisations et instances qui ont des pouvoirs de décision en Grande-Bretagne : les deux Chambres, les lords et les sirs, les réseaux maçonniques et la Reine elle-même qui, depuis des années, par le biais de projets coloniaux ont mis à mal notre pays et notre peuple de mettre un terme à ces agissements afin que le peuple iranien puisse enfin vivre dans la paix, la tranquillité et la prospérité.