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Revue IRAN-INFO-PARS - 20
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LA GRANDE-BRETAGNE, COLONNE VERTEBRALE ET PRINCIPALE CAUSE HISTORIQUE DES DIFFICULTES SOCIO-POLITIQUES ET ECONOMIQUES DU MOYEN-ORIENT ET DE L’IRAN

La Grande-Bretagne est une des plus anciennes, une des plus organisées et surtout une des plus conséquentes puissances coloniales du monde. L’histoire coloniale de ce pays, sur la base de documents historiques indéniables, remonte au début du 16e siècle et surtout à la suite de la création de la Compagnie britannique de l’Inde Orientale. Au début du 16e siècle, les Portugais ont établi les bases du vieux colonialisme dans les pays et les régions littorales de l’océan Indien et au-delà, allant jusqu’à la Mer Rouge, le golfe d’Oman, le Golfe Persique et le continent indien. Suite à des conflits permanents contre les Portugais et les autres puissances coloniales, les Britanniques ont réussi à les vaincre et à asseoir leur pouvoir sur leurs territoires coloniaux. Plus tard, ces derniers devinrent l’unique et la plus grande puissance coloniale de la région. L’ampleur des succès Britanniques – en particulier au Moyen-Orient – avait atteint un tel sommet qu’au début du 20e siècle, ce vieux pouvoir colonial régnait sur presque un quart des terres du monde (soit environ 300 millions d’habitants). Du point de vue statistique, à l’époque, chaque Anglais avait à son service 10 « esclaves coloniaux » (au début du 20e siècle, la population britannique s’élevait à 30 millions de personnes). Winston Churchill, vieux politicien et ancien Premier Ministre de la Grande-Bretagne affirmait que : « le soleil ne se couche jamais sur l’empire britannique ». Il avait raison. En 1901, la Grande-Bretagne a conclu le premier accord d’extraction du pétrole au Moyen-Orient, surnommé les « accords D’Arcy », avec le gouvernement iranien pour une durée de 60 ans. Elle mena en même temps une lutte sans merci contre les puissances coloniales de l’époque (la Russie tsariste, l’Allemagne, la France) et contre la principale puissance régionale, la Turquie ottomane. L’Angleterre renforça sa puissance et son influence coloniale dans la région et en Iran. Outre sa situation géographique stratégique particulière et sa position géopolitique, la découverte du pétrole en Iran (et plus tard dans d’autres pays du Moyen-Orient) a fait subir des difficultés particulières au peuple iranien et aux autres peuples et pays de la région qui se sont pérennisées jusqu’à nos jours sous des formes diverses. Vers la fin du 19e siècle, en 1899, dans ses rivalités avec les autres puissances coloniales et avec l’empire ottoman islamique qui régnait sur une grande partie du Moyen-Orient et du Golfe Persique, la Grande-Bretagne, pour assurer sa puissance, signa un accord secret de protectorat avec le cheikh de Koweït (nommé et sous tutelle de l’empire ottoman). Il est à noter qu’entre 1820 et 1900, soit 80 ans, la Grande-Bretagne avait conclu des traités identiques avec la plupart des émirats du Golfe Persique, surnommé « traités de paix générale » qui n’étaient autres que des traités de protectorat et de domination de cette puissance coloniale sur le destin politique et économique des Etats et des évolutions de la région. Ils sont encore en cours sous des formes différentes. La question de Bahrein à l’époque Pahlavi et celle relative aux trois îlots qui depuis l’époque Pahlavi jusqu’à celle de la République islamique préoccupe les gouvernements iraniens sont les résultats des agissements coloniaux de la Grande-Bretagne durant les siècles derniers dans la région. Bref, entre 1900 et 1920 tout en rivalisant avec la Russie et la France, parfois par la guerre parfois la réconciliation, le colonialisme anglais a été à l’origine des crises qui ont marqué jusqu’à ce jour le destin de l’Iran et de nombreux pays du Moyen-Oient. Les questions relatives à la Palestine, au Jérusalem, à Bahreïn, aux trois îlots, à Chatt al-Arab (Arvand roud), au Koweit, aux traités de 1907 et de 1915 du partage de l’Iran, à celui de 1919 sur le protectorat de l’Iran, aux conflits ethniques et raciaux et aux conflits territoriaux et frontaliers résultats du l’accord colonial « Sykes-Picot », sont autant de conséquences des agissements du colonialisme anglais. A cette liste, il conviendrait également d’ajouter le rôle de la Grande Bretagne dans la genèse du chauvinisme arabe, la création des groupes de pression coloniaux franc-maçonnique (loge anglaise), la création de larges réseaux d’espionnage, le soudoiement de nombreuses familles en Iran et au Moyen-Orient pour s’allier aux organes d’espionnages anglais (comme les familles Ardeshir et Chapourtchi, les frères Rachidian, les familles Farmanfarma, Akbar, Alam et autres en Iran, et la famille Cherif Hossein en Jordanie qui est toujours au pouvoir en Jordanie, le soudoiement de certains religieux chiites dans le but d’assurer les intérêts coloniaux de la Grande-Bretagne dans la région, les dizaines de cas de conflits frontaliers et territoriaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la participation directe pour la mise en place des pouvoirs inféodés à la Grande-Bretagne dans le Moyen-Orient comme les régimes de Jordanie et de l’Irak après la Première guerre mondiale, de Réza Chah en Iran, d’Atatürk en Turquie, de certains hommes forts en Syrie (avant l’arrivée au pouvoir de Hafiz Assad), en Libye, au Soudan et ailleurs.
La fin de la première Guerre mondiale et ses conséquences fut en effet une période assez longue de lune de miel pour l’empire britannique au Moyen-Orient. En effet, parmi les cinq empires de l’époque, trois (l’empire ottoman, l’Allemagne et l’Autriche) étaient désintégrés et le quatrième, l’empire tsariste, à la suite de la révolution d’Octobre, était en proie, pour des années, à des difficultés politiques, sociales et économiques. Il faut insister sur le fait (et cela à l’intention des religieux détenteurs du pouvoir du régime islamique) que le principal facteur de la défaite et de la désintégration du dernier empire islamique n’était autre que la puissance coloniale de la Grande-Bretagne. De même elle fut à l’origine de l’apparition de la question palestinienne et de la création de l’Etat d’Israël. En espérant que les religieux du régime islamique qui se disent si attachés à la renaissance du régime islamique et se prétendent si émus de la question palestinienne et du sort de Jérusalem, se souviennent de ces vérités historiques. Aussi ils ne doivent pas incriminer les Etats-Unis à la place de la Grande-Bretagne dans la question palestinienne. Dans la période d’entre-deux-guerres, 1918-1939, le colonialisme anglais avait instauré sa domination sur les réserves du pétrole et de gaz et sur les régions stratégiques et géopolitiques du Moyen-Orient. Le plus important était que, selon l’accord Sykes-Picot (1916) des territoires comme l’Irak, la Jordanie, la Palestine, les Emirats du Golfe Persique furent considérés comme des régions d’influence de la Grande-Bretagne après la première Guerre Mondiale. Sur cette base, la Société des Nations avait également confié à la Grande-Bretagne le tutorat de ces territoires. A la suite des conditions politiques et économiques d’après la seconde guerre mondiale – dont on ne peut en discuter ici en raison de son étendue – la Grande-Bretagne comme d’autres puissances coloniales (à l’instar de la France) qui avaient vu décroître leur influence politique, économique et militaire, furent obligées de céder leur place aux deux superpuissances américaine et soviétique. Une nouvelle ère avait commencé dans les relations internationales. Dans la décennie 1960, en raison des circonstances politiques et sociales régionales et internationales, de même que ses difficultés économiques, la Grande-Bretagne fut obligé de retirer ses troupes, jusqu’à la date butoir de décembre 1971, de l’est de Suez et du Golfe Persique. La question essentielle est de savoir si ce retrait militaire anglais du Moyen-Orient signifiait la baisse ou la fin des convoitises coloniales britanniques au Moyen-Orient au profit des puissances comme les Etats-Unis et l’Union Soviétique ? La réponse est négative. Dans ce court exposé nous avons tenté de présenter brièvement le rôle et l’influence fondamentale de la Grande-Bretagne dans les difficultés politiques, sociales et économiques actuelles des pays du Moyen-Orient. Quel est le rôle et l’influence actuelle de la Grande-Bretagne dans les événements de la région feront l’objet d’autres analyses.