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Revue IRAN-INFO-PARS - 20
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LES 26 ANS DE LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE

Le 4 juin 1989, les agences de presse internationales ont diffusé la nouvelle de la mort de Rouhollah Moussavi Khomeiny le fondateur du régime théocratique en l’Iran. Un religieux né en septembre 1902 dans le village, à l’origine d’importants événements en Iran, venait de quitter le monde, léguant un riche héritage à ses successeurs enturbannés. On peut le considérer comme le centre de gravité de la République islamique, car aujourd’hui encore, les tenants du pouvoir en Iran, malgré leurs différends, le considèrent comme leur Imam et chacun justifie son comportement en se référant à son comportement. Du vivant de Khomeiny, le régime de la République islamique était un régime autocratique. Tout revenait à lui et tous attendaient ses commandements. Il est l’idole de tous les hommes du pouvoir iranien, de Khaméneï à Rafsandjani jusqu’à Khatami qui, dans « la lettre pour demain », malgré son désapprobation de la culte de personnalité, l’a néanmoins glorifié à travers quelques lignes ! Après sa mort, le pouvoir qu’il détenait fut divisé entre deux groupes de ses adeptes après de nombreux événements qui furent marqués par l’assassinat de son fils, Ahmad Khomeiny. Ces deux groupes sont les suivants : les enturbannés qui constituent le noyau central du pouvoir de la République islamique qui se disent des religieux portant l’habit ! et ceux dont l’apparence est différente mais croient en les mêmes valeurs. Depuis lors, le régime de la République islamique devient un régime autocratique de groupe, avec des pouvoirs différents pour chaque individu de ce groupe.
Dans la République islamique, une partie du pouvoir est partagée entre cinq familles mafieuses. Des familles ayant chacune un parrain : Mahdavi Kani, Ali Khaménéï, Akbar Hachémi Bahramani (Rafsandjani), Habibollah Asgaroladi et Mohsen Rafighdoust.
– Mahdavi Kani : il est le plus important parrain qui domine les quatre autres. Son père, un religieux lié aux Britanniques, conduisit son fils dans le même chemin. Ce dernier devint le guide de la loge franc-maçonnique des religieux de l’Iran. Ses contacts secrets avec la Grande-Bretagne sont les clefs de nombreux secrets de la République islamique. Il ne tient pas à s’avancer sur la scène politique. Pendant un laps de temps, il devint ministre de l’Intérieur avant d’être nommé parmi les membres du conseil des Sages. Cependant il préféra s’éclipser de la scène politique et d’agir discrètement. Depuis des années, il est président de « l’union des religieux combattants », une des deux organisations religieuses de l’Iran.
– Ali Khaménéï :
Il est le second guide de la République islamique, proche des groupes unifiés islamiques, Hodjatieh, étudiants de l’école Haghani et un des commanditaires des assassinats en chaîne. Il est né le 14 juillet 1939 à Mashhad. Il était, avec Vaez Tabassi et Hachémi Chahroudi, un des côtés du triangle de Mashhad. Sur les conseils de Hachémi Barahmani (Rafsandjani) et l’accord de Montazéri – qui était écouté à l’époque – il se rendit à Téhéran et en compagnie de Rafsandjani et d’autres fondèrent le parti de la République islamique. Il a occupé de nombreux postes tels que vice-ministre de la Défense, Responsable de l’armée des gardiens de la révolution, l’Imam de Vendredi de Téhéran, représentant de Rouhollah Moussavi Khomeiny au conseil supérieur de la défense, député de Téhéran au parlement, Président de la république (à deux reprises), président du conseil supérieur de la révolution culturelle, président du conseil de « distinction des intérêts du régime » et président du comité de réforme de la constitution de 1989. Enfin, à l’âge de cinquante ans, avec l’aide de Hachémi Rafsandjani, il est devenu le guide de la République islamique. Comme de nombreux hommes politiques de la République islamique, il doit son avancement à Hachémi Rafsandjani.
– Mohsen Rafighdoust :
Ouvrier du centre des halles de Téhéran, il a utilisé le véhicule qu’il avait auparavant dérobé, pour conduire Khomeiny à son arrivée à Téhéran jusqu’au cimetière de Behesht Zahra. C’est ainsi qu’il a fait son entrée dans le monde politique de l’Iran et est devenu un des cinq parrains. Il a géré pendant des années l’imposante fondation des déshérités et a transféré une grande partie de ses biens, sur conseil de son frère, au Canada. C’est un homme proche des groupes unifiés et de Hachémi Barahmani.
– Habibollah Asgar Oladi :
Il est le dirigeant des groupes unifiés islamiques, héritiers de Navab Safavi qui, par intermédiaire de Seyyed Zia eddin Tabatabaï, transférait les aides financières britanniques au Fédayyins de l’Islam. Cette organisation contrôle le bazar traditionnel de l’Iran, la Chambre du commerce, entretient de vieilles relations avec la Grande-Bretagne (Ali Naghi Khamouchi a avoué les activités de ce groupe dans l’amélioration de ses relations avec la Grande-Bretagne, lors d’une interview avec le journal Hamchahri. Une de leurs activités portait sur l’acquisition de produits qui sont aussi bien utilisés dans le domaine médical que dans la fabrication de la bombe atomique, par l’intermédiaire d’une société britannique et d’une société américaine). Ce parrain est le fils d’un commerçant juif connu qui, à l’époque de Réza Chah, auprès d’un religieux nommé Tejrani, s’était converti à l’Islam et le nom de famille Asgar Oladi Moslman lui avait été choisi par ce même religieux.
– Et le cinquième parrain :
Il est l’homme fort de la République islamique dont l’empreinte peut être décelé partout dans ce régime : Ali Akbar Hachémi Barahmani, plus connu sous le nom de Rafsandjani. Son mariage en 1958 avec Effat Marashi, l’a sorti de l’état de simple religieux. Seyyed Mehdi et Seyyed Kazem, les oncles de Effat, selon un accord, lui versaient mensuellement un salaire de 50 tomans. Après l’écroulement de sa demeure il déménagea et devint voisin de Rouhallah Moussavi Khomeiny. Ce déménagement fut le début de son entrée dans le monde de la politique. Tout en étant lui-même un homme politique, les membres de sa famille se trouvent également un peu partout.
Seyyed Hossein Marachi, le cousin de son épouse commença par être gouverneur de Kerman. Après la présidence de la république de Hachémi, il devient chef de son bureau, puis député. Plus tard, il devint vice-secrétaire général du parti des « Kargozaran-é Sazandéghi » en même temps que chef de file des originaires de Kerman, membres du parti.
Mohammad Hachémi, son frère, qui a fait ses études aux Etats-Unis, a présidé pendant des années la radio et la télévision iranienne. Face aux mécontentements des députés de gauche lors de la quatrième législature et des députés de droite tels que Parvaresh, Movahédi Savodji et Kamran, il fut destitué de son poste pour devenir vice-ministre des Affaires Etrangères. Lors du second mandat présidentiel de son frère, il devient vice-président dans les affaires exécutives. Pourtant il n’est pas très populaire dans le parti des « Kargozaran-é Sazandéghi » et contesté par les députés d’Ispahan.
Mahmoud Hachémi, son autre frère, en 1975, était vice-gouveneur de la ville de Ghom, tandis que son frère était en détention pour des activités subversives contre le régime monarchique. Ahmad, qui a fait ses études aux Etats-Unis et Ghassem, un autre de ses frères, ont chacun leurs activités dans d’autres domaines.
Parmi ses autres cousins, Mohsen Hachémian qui a effectué ses études à Montréal au Canada, a également ses propres activités. Son fils, Ali, est le membre le plus influent des « Kargozaran-é Sazandéghi ». Pour cause de transactions et d’obtention de commissions importantes au sein du ministère du Pétrole, il préfère se tenir dans l’ombre face à ses opposants. Mohsen, son deuxième fils, a commencé sa carrière au bureau de la présidence de la République. Son bureau se trouve actuellement au sein du conseil de « distinctions des intérêts du régime » et a publié les mémoires de son père. Depuis des années, il est directeur général du métro de Téhéran. Yasser et Mehdi, deux autres de ses fils, ne désirent pas trop se montrer, sauf en cas de nécessité comme par exemple au moment où Yasser se monta au premier plan pour s’approprier 22 % des 47 % des parts de la société d’aviation Iran-Arabie Saoudite, le restant, soit 25 %, est revenu à Mohsen Rafighdoust. Parmi les filles de Hachémi, sa fille aînée, Fatémeh, n’est pas trop tentée par la politique, en revanche, elle détient une douzaine d’établissements de bienfaisance. Dans le domaine politique, elle préfère, en s’adhérant au parti « Etedal va Tose’eh », se donner une image modérée. Cependant, sa sœur, Faézeh, est très impliquée dans la politique. Grâce au soutien de son père, elle a suivi des études politiques à l’Université libre, et grâce à l’intervention des vernis, a trouvé son chemin pour entrer au Parlement. C’est une femme très active dans la vie politique de la République islamique. Une personne mystérieuse qui intervient dans différents domaines : elle a fait publier le message de Farah Diba dans le journal « Femme », s’est rendue sur la tombe de Mohammad Réza Chah Pahlavi en Egypte et s’est même entretenue avec Oda, fils de Saddam Hossein pendant les dernières années du pouvoir baasiste en Irak.
Akbar Hachémi est un homme qui détient les secrets de l’Iran à l’époque de la République islamique : de la domination de la droite sur tout le pays jusqu’aux assassinats en série. De nombreux hommes politiques de la République islamique lui doivent leur ascension et leur survie, des personnes comme : Ali Khaménéï, Gholamhossein Karbastchi, Ataollah Mohadjérani, Hassan Rohani et d’autres.
D’autres personnes interviennent au sein du noyau central du pouvoir en tant que théoriciens de la République islamique, parmi lesquelles, Mohammad Taghi Mesbah Yazdi. Né en 1924 dans la ville désertique de Yazd, il a été élève de Rouhollah Moussavi Khomeiny entre 1952 et 1960. Proche de Beheshti, Bahonar et Hachémi Rafsandjani, ils publiaient sous le régime monarchique, deux journaux clandestins : Bessat et Entégham. Plus tard, il a participé, en collaboration avec Djanati, Beheshti et Ghodoussi, à la direction de l’école Haghani, où il a également enseigné pendant une dizaine d’année. Les étudiants de cette école ont été les éléments les plus redoutables de la République islamique. Mesbah Yazdi est le fondateur du « Moassesseh dar rah hagh », du bureau de coordination des écoles religieuses et des universités et de la fondation « Bagher al-Oloum ». Depuis 1990 il est membre du conseil des sages de la République islamique. Il est le théoricien de la violence et un des commanditaires de l’assassinat des penseurs iraniens, en collaboration avec Khazali, Djanati, Khoshvaght et Mohseni Ejeï.
Parmi les postes subalternes de la République islamique, il existe d’autres personnes qui tentent sans succès, depuis sept ans, à s’approprier le pouvoir.
Le premier groupe de ces personnes connus sous le nom des réformistes sur la scène politique de l’Iran a essayé de retirer le monopole du pouvoir des mains des religieux en dénonçant de nombreux secrets de la République islamique. Or, leurs efforts, depuis sept ans, ont été un échec. Une alliance qui, dès le début, était vouée à l’échec. Pourquoi ? Le front qui s’est intitulé « 2 khordad » était composé de nombreux groupes politiques au sein de la République islamique, indûment appelés « gauche ». Pourquoi indûment ? Parce qu’ils ne faisaient pas tous partie de l’éventail gauche de la République islamique. Certains, dont deux personnalités, populaires au début, faisaient partie du parti des « Kargozaran-é Sazandéghi » : Attaollah Mohadjérani, ministre de la Culture et de l’Orientation islamique et Gholamhossein Karbastchi, maire de Téhéran à l’époque. Deux personnes du parti, très proche de Hachémi Rafsandjani, qui le considéraient comme leur père spirituel. Des membres des groupes du « 2 Khordad », qui résistèrent presque jusqu’à la mort, à l’instar de Saïd Hadjarian, n’ont pas réussi à avoir la même popularité.
Un autre groupe englobe des personnes comme Mohsen Rézaï qui tentent par le biais de la création d’un front appelé « troisième génération de la République islamique » de prendre progressivement en main les leviers du pouvoir. Ce phénomène se poursuit de manière discrète par la nomination à différents postes des hauts gradés de l’armée des gardiens de la révolution. On peut le considérer comme le pouvoir des généraux habillés en civil. Dans l’ensemble, le noyau central du pouvoir de la République islamique tente un changement de décor. Les religieux quittent la scène et se font remplacer par des personnes de mêmes idées mais vêtus autrement. Ils essayent ainsi de diminuer l’allergie que suscite leur monopole du pouvoir au sein de la population. Cette alliance est très menacée. L’aile droite de la République islamique qu’on qualifie de conservateur doit son unité au front du « 2 Khordad ». C’est grâce à ce front qu’ils se sont alliés. Or, aujourd’hui, alors que le front du « 2 Khordada » n’a ni aucune assise ni aucune unité et que le terrain est propice à l’unité des conservateurs, les rivalités et les différends entre ces derniers se font jour. Comme pour les groupes composants le front du « 2 Khordad », l’alliance des conservateurs est très hétérogène. S’ils s’entendent dans le cadre de la pensée politique, leurs divergences est profondes dans le domaine économique. De surcroît, la mafia économique étant très influente parmi eux, leurs intérêts contradictoires sont des obstacles face aux projets économiques.
La synthèse de ce qui est rapporté et un aperçu du pouvoir dominant la République islamique à la veille de son vingt sixième anniversaire, ainsi que le contexte international qui agit dans les relations entre les hommes politiques de la République islamique, de même que les difficultés que connaît la société iranienne, sont autant de failles qui menacent la République islamique. Ce régime s’écroulerait-il ou est-ce qu’une tendance au sein de ce même régime, par des changements de ligne de conduite et sous une autre image, saurait-elle survivre en anéantissant les autres tendances ? Ce qui est certain, c’est que la République islamique, dans son état actuel, ne peut survivre. Comment serait-elle remplacée, par qui et par quoi, l’avenir seul pourra le dire.