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Revue IRAN-INFO-PARS - 18
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

ET L’ÉCONOMIE, STUPIDE ?

 


 

Cher président Bush,
Félicitations pour votre spectaculaire victoire. Jamais vous n’avez dévié dans vos convictions, jamais vous n’avez craint les critiques ni ne vous êtes laissé embarrasser par les détails quand il s’agissait de faire passer votre message.
Mais peut-être pourriez-vous maintenant nous éclairer à propos de certaines des questions économiques sur lesquelles vous avez fait l’impasse dans votre course à la victoire. Commençons par le budget fédéral, qui est passé d’un excédent de 236 milliards de dollars en 2000 à un déficit de 413 milliards cette année. Vous avez promis de réduire ce déficit de moitié, essentiellement en effectuant des coupes claires dans le budget de l’Etat. Mais à quelles coupes pensez-vous exactement ? Les dépenses publiques ont grimpé de plus de 15 % depuis votre accession au pouvoir. Les deux Chambres du Congrès ont été sous le contrôle de vos alliés républicains. Jamais vous n’avez opposé votre veto à un projet de loi. Rien ne vous a donc dérangé dans ces dépenses.
Vous promettez de geler les programmes non militaires, ce qui a déjà entraîné des réductions dans les allocations logement et autres programmes sociaux. Or ces programmes représentent moins de 20 % du budget fédéral. Les geler revient à économiser des broutilles. Les secteurs dans lesquels les dépenses publiques se creusent le plus rapidement sont intouchables : programmes obligatoires, comme les retraites et l’assurance-maladie pour les personnes âgées ; nouveaux remboursements de médicaments, que vous avez fait voter au Congrès et qui, à en croire votre gouvernement, vont coûter 534 milliards de dollars sur dix ans ; budgets de l’armée et de la sécurité intérieure, que vous avez l’intention d’augmenter ; guerre en Irak, qui ne semble pas sur le point de se terminer ; service de la dette fédérale, gargantuesque.
En totalisant les dépenses déjà engagées et vos objectifs de réduction d’impôt, le Congressional Budget Office a calculé que le déficit pourrait dépasser les 4 000 milliards de dollars d’ici dix ans. Alors, franchement, où comptez-vous aller dans le vif ? Dans les subventions agricoles, que vous avez contribué à accroître ? Dans la NASA et la mission sur Mars ? Dans l’éducation ? Dans la recherche publique et les laboratoires liés à la défense ? Quand vous dites que vous voulez réformer les retraites, on ne peut que se poser quelques sérieuses questions. Comme vous l’avez souligné, les caisses de retraite glissent lentement vers l’insolvabilité au fur et à mesure que les baby-boomers quittent la vie active. Votre solution consisterait entre autres à permettre aux gens d’investir une partie de leurs charges salariales dans des caisses privées, ce qui leur permettrait d’espérer des retours plus confortables. Ça a l’air bien, mais jamais vous ne rappelez que pour cela l’Etat devrait emprunter 2 000 milliards de dollars ou plus au cours des prochaines décennies. Tout cela parce que la caisse de retraite perdrait une part considérable de ses revenus actuels, tout en devant continuer à verser les sommes dues aux retraités actuels. Et comment couvririez-vous ces dépenses-là ?
Veuillez agréer, cher président Bush, l’expression de mes sincères salutations, un électeur dévoué.
Edmund L. Andrews, The New York Times, New York