Revue
IRAN-INFO-PARS - 18
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité
pour le Renversement

ZARQUAOUI RESPONSABLE DE TOUT ?
Rien
ne prouve qu’il ait collaboré avec Saddam Hussein
Depuis, MM. Bush et Cheney n’ont cessé de présenter
l’homme comme un lien entre la nébuleuse AI Qaida
et le régime de Saddam Hussein. Lors d’un discours
électoral dans l’Ohio, le président Bush
a déclaré : « Zarqaoui est la meilleure
preuve des liens [de l’Irak] avec AI Qaida et ses affidés.
C’est lui qui continue à tuer ».
Cependant, dans un rapport qu’elle a présenté
début octobre à M. Cheney, la CIA a mis en doute
l’authenticité de ces liens. L’agence n’a
trouvé aucune preuve sérieuse indiquant que le
régime de Saddam Hussein ait abrité Zarqaoui au
cours des mois qui ont précédé l’inva-sion
américaine. En juin la Commission d’enquête
sur Ie 11 septembre concluait à l’absence de «
liens de collaboration » entre AI Qaida et Saddam Hussein.Lors
de son débat pour la vice-présidence, M. Cheney
a déclaré que la CIA n’était «
pas encore parvenue à une conclusion et continuait de
débattre de la question des liens entre Zarqaoui et Saddam
Hussein ». Le rapport de La CIA, a-t-il ajouté,
mentionnait que plusieurs séides du Jordanien avaient
été arrêtés et que Saddam Hussein
était « personnellement intervenu pour les faire
libérer, apparemment à la demande de Zarqaoui
». M. Cheney a également indiqué qu’avant
le 11 septembre Zarqaoui avait monté un camp d’entraînement
dans l’ouest de l’Afghanistan, près de la
frontière iranienne, et qu’après les attentats
aux Etats-Unis il s’était ins-tallé à
Bagdad. « Il y tenait un magasin, d’où il
contrôlait la fabrication, à Kermal, de ricine
et d’autres substances toxiques. »
Selon les autorités américaines, après
le 11 septembre, Zarqaoui aurait agi en étroite collaboration
avec l’organisation kurde Ansar al-Islam, créée
dans le nord de l’Irak en vue de renverser le régime
de Saddam Hussein. Mais, cette affirmation est en totale contradiction
avec les alliances affichées par Zar-qa-oui. «
J’ai du mal à croire que Zarqaoui ait été
étroitement lié à la fois avec Ansar al-Islam
et avec le régime de Saddam Hussein, que ce groupe voulait
renverser », confie Jessica Stern, qui donne des cours
sur le terrorisme à Harvard. Selon les aveux effectués
en captivité par des complices de Zarqa-oui, le Jordanien
a des liens plus étroits avec l’Iran et la Syrie
qu’avec l’Irak. « Depuis le 11 septembre,
Zarqaoui a passé davantage de temps en Iran que partout
ailleurs », affirme Peter Bergen, membre de la New America
Foundation et professeur auxiliaire à l’université
Johns Hopkins. « Encore récemment, il qualifiait
Saddam Hussein de démon sur un site Internet. »
Le gouvernement Bush n’est pas le seul à soupçonner
Zarqaoui d’avoir joué un rôle central dans
d’autres attentats et complots avortés. De hauts
responsables jordaniens et européens le croient impliqué
dans une série d’opérations menées
au cours des deux dernières années.
|