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Revue IRAN-INFO-PARS - 17
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

LES TALIBANS ACCROISSENT SANS CESSE LEUR PRESSION

 

 


 

De Chaman (au Pakistan, à la fron­tière afghane)

Depuis la désintégration du régime taliban fin 2001, la résistance islamiste reste active en Afghanistan. Jusqu’ici, elle n’avait guère réussi qu’à attirer ponctuellement l’attention des forces d’occupation sous commandement américain ainsi que de l’armée natio­nale afghane. Mais des opérations am­bitieuses seraient maintenant en pré­paration.

A l’intérieur même du pays, les tali­bans sont commandés par des hommes comme le mollah Omar. A en croire l’enquête menée par Asia Times Online, Oussama Ben Laden et son bras droit, Ayman al-Zawahiri, ainsi que d’autres responsables du réseau, ne se trouve­raient plus au Pakistan. Ils orchestre­raient désormais la résistance en Afghanistan, hors de portée des ser­vices secrets pakistanais et du FBI. C’est là qu’intervient le mollah Meh­mood Haq Yar. Envoyé par le mollah Omar dans le nord de l’Irak pour entraî­ner les combattants d’Ansar ul-islam avant l’invasion américaine en Afgha­nistan, Mehmood n’est revenu qu’il y a quelques mois. Là, il a été accepté au sein d’un conseil spécial de comman­dants, formé par le mollah Omar, ayant pour mission de faire passer les com­battants étrangers et les personnalités importantes du territoire pakistanais en Afghanistan.

La stratégie adoptée par Mehmood consiste essentiellement à saboter les infrastructures administratives dans les grandes villes, de façon à perturber la vie quotidienne des habitants. Le but des talibans est de combler le vide du pouvoir ainsi créé, ce qui leur permet­trait d’étendre le front des hostilités. Pour l’heure, les combattants afghans et arabes engagés dans la résistance ne sont que quelques milliers. D’aucuns pensent cependant qu’une fois ce travail de sape effectué, l’immense majorité silencieuse des talibans se soulèvera, surtout à partir des madra­sas de Quetta et Chaman, au Pakistan, pour tendre la main aux talibans en Afghanistan, comme ce fut le cas par le passé.

Tout au long de la route qui relie Quetta à Chaman, dans la province pakistanaise du Baloutchistan, on peut voir des dizaines de nouvelles madra­sas érigées ces dernières années. Elles s’ajoutent à d’autres, plus anciennes, qui ont été agrandies pour accueillir davantage d’élèves. Et à en juger par les graffitis, les talibans et Ben Laden y jouissent d’une grande popularité. Dans la plupart des échoppes au bord des routes, on entend des cassettes de « chants » (sans musique) talibans. Exemple : les chansons d’Abdullah Makai, célèbre chanteur afghan, com­me « Ô Kaboul, tes princes sont aujourd’hui mendiants à Karachi. » De Chaman à Kandahar, en Afghanistan, les produits à l’effigie de Ben Laden sont assurés de bien se vendre. « La situation ne fait qu’empirer », explique Malik Nabi, pré­sident pour le district de Chaman du parti antitalibans Pashtunkho Mili Awa­mi. « Le nombre des talibans et de leurs partisans augmente jour après jour. Allez à Chaman, et vous y verrez des turbans noirs et blancs partout. C’est une sorte de tactique de propagande pour faire la démonstration de leur force. Rendez-vous le soir dans un stade de football, et vous y rencontrerez des centaines de turbans noirs, signe distinctif des talibans », conclut-il.

Courrier International n° 725