ALERTE ROUGE, ÉLECTION
FAUSSÉE ?
Les démocrates
craignent qu’un excès de mesures de sécurité antiterroristes
le jour de l’élection ne décourage nombre de Noirs et membres
de minorités de se rendre aux urnes, rapporte The Washington
Post. Citant les attentats du 11 mars à Madrid, quelques
jours avant les élections en Espagne, le ministère de la
Sécurité intérieure a appelé les gouverneurs des 50 Etats à se
préparer à une éventuelle alerte et à prévoir toutes les mesures
nécessaires le 2 novembre, en particulier à proximité des
bureaux de vote. Les associations de défense du droit de vote
font valoir que la présence de police sur les lieux de vote est
une tactique qui a été utilisée dans le passé pour intimider les
membres des minorités, lesquels ont tendance à voter
démocrate. Les auteurs de la note envoyée aux gouverneurs
déclarent être conscients du champ de mines politique
qu’elle
représente, mais soulignent qu’un attentat dans un Etat
nullement préparé pourrait avoir des conséquences bien plus
graves. Kathleen Hall Jamieson, directrice du Centre de
politiques publiques de l’université de Pennsylvanie, note
que, « là où les opposants de Bush voient une mesure pour
effrayer l’électorat, ses partisans voient un gouvernement qui
protège le pays avec vigilance ». Robb Willer, professeur de
sociologie à l’université Cornell, a pour sa part étudié
l’influence sur les citoyens de 26 relèvements du niveau
d’alerte depuis 2001. Son étude à partir de 131 sondages Gallup
fait apparaître qu’en moyenne chaque alerte fait monter la cote
de Bush de 2,75 points.
Courrier
International, octobre 2004