ZARQUAOUI RESPONSABLE DE
TOUT ?
Rien ne prouve
qu’il ait collaboré avec Saddam Hussein
Depuis, MM. Bush
et Cheney n’ont cessé de présenter l’homme comme un lien entre
la nébuleuse AI Qaida et le régime de Saddam Hussein. Lors d’un
discours électoral dans l’Ohio, le président Bush a déclaré :
« Zarqaoui est la meilleure preuve des liens [de l’Irak] avec AI
Qaida et ses affidés. C’est lui qui continue à tuer ».
Cependant, dans
un rapport qu’elle a présenté début octobre à M. Cheney, la CIA
a mis en doute l’authenticité de ces liens. L’agence n’a trouvé
aucune preuve sérieuse indiquant que le régime de Saddam
Hussein ait abrité Zarqaoui au cours des mois qui ont précédé l’inva-sion
américaine. En juin la Commission d’enquête sur Ie 11 septembre
concluait à l’absence de « liens de collaboration » entre AI
Qaida et Saddam Hussein.
Mais, lors de son
débat pour la vice-présidence, M. Cheney a déclaré que la CIA
n’était « pas encore parvenue à une conclusion et continuait de
débattre de la question des liens entre Zarqaoui et Saddam
Hussein ». Le rapport de La CIA, a-t-il ajouté, mentionnait que
plusieurs séides du Jordanien avaient été arrêtés et que Saddam
Hussein était « personnellement intervenu pour les faire
libérer, apparemment à la demande de Zarqaoui ». M. Cheney a
également indiqué qu’avant le 11 septembre Zarqaoui avait monté
un camp d’entraînement dans l’ouest de l’Afghanistan,
près de la frontière iranienne, et qu’après les attentats aux
Etais-Unis il s’était ins-tallé à Bagdad. « Il y tenait un
magasin, d’où il contrôlait la fabrication, à Kermal, de ricine
et d’autres substances toxiques. »
Selon les autorités américaines, après
le
11 septembre, Zarqaoui aurait agi en étroite collaboration avec
l’organisation kurde Ansar al-Islam, créée dans le nord de
l’Irak en vue de renverser le régime de Saddam Hussein. Mais,
cette affirmation est en totale contradiction avec les alliances
affichées par Zar-qa-oui. « J’ai du mal à croire que Zarqaoui
ait été étroitement lié à la fois avec Ansar al-Islam et avec le
régime de Saddam Hussein, que ce groupe voulait renverser »,
confie Jessica Stern, qui donne des cours sur le terrorisme à
Harvard. Selon les aveux effectués en captivité par des
complices de Zarqa-oui, le Jordanien a des liens plus étroits
avec l’Iran et la Syrie qu’avec l’Irak. « Depuis le 11
septembre, Zarqaoui a passé davantage de temps en Iran que
partout ailleurs », affirme Peter Bergen, membre de la New
America Foundation et professeur auxiliaire à l’université Johns
Hopkins. « Encore récemment, il qualifiait Saddam Hussein de
démon sur un site Internet. »
Le gouvernement
Bush n’est pas le seul à soupçonner Zarqaoui d’avoir joué un
rôle central dans d’autres attentats et complots avortés. De
hauts responsables jordaniens et européens le croient impliqué
dans une série d’opérations menées au cours des deux
dernières années.