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Revue IRAN-INFO-PARS - 15
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

IL N’Y A QU’À LAISSER LA TORTURE AUX ARABES...

L’administration américaine compte faire appel à des armées de pays arabes et musulmans pour mater la rébellion en Irak. La répression et la torture pourront ainsi reprendre à l’abri des caméras, affirme AI Hayat.
EIle est inquiétante, cette décision américaine de faire appel à d’anciens généraux de Saddam Hussein pour contrôler la situation à Falloudjah. D’autant plus qu’elle coïncide avec la découverte des pratiques de torture et de traitements inhumains à la prison d’Abou Ghraib. Les Américains affirment que le recours à des officiers de l’ancien régime irakien constitue un cas particulier, et la torture un cas isolé. Néanmoins, ces deux dérapages américains méritent que l’on s’y arrête. L’appel aux anciens militaires de Saddam Hussein, un an après avoir décimé son régime et dépensé 87 milliards de dollars pour financer l’occupation, est un aveu de la part de Washington : celui de son incapacité à former une police irakienne susceptible de se substituer aux forces américaines et de maîtriser la situation. Cela montre également que Washington est prêt à utiliser les méthodes de Saddam Hussein si le prix politique à payer pour permettre à ses propres troupes de l’emporter se révèle trop élevé. Si la révolte des Irakiens s’étend et si l’échec de Washington à la contenir se confirme, cela pourrait aboutir à ce que l’exception devienne la règle d’autant que les méthodes à la Saddam semblent être les plus appropriées pour réprimer une révolte.
Nous n’oublions pas que l’administration américaine fera voter au Conseil de sécurité une résolution ouvrant la porte à la participation de forces arabes et musulmanes surtout marocaines, tunisiennes et pakistanaises aux opérations de la coalition en Irak. Pas besoin d’être très futé pour comprendre que ces forces arabes et musulmanes se déploieront dans le triangle sunnite, où elles seront chargées de mater la rébellion. Et cela alors que Washington n’a pas réussi à convaincre ses alliés kurdes d’accepter l’entrée des forces turques en Irak.
Le cas de Falloudjah ne constitue pas une première, puisque les Américains avaient déjà envoyé un certain nombre de prisonniers de Guantanamo Bay et d’Afghanistan vers des pays arabes pour qu’ils y soient soumis aux « méthodes d’interrogatoire arabes », réputées pour leur efficacité des méthodes qu’on ne peut pas utiliser sur le sol américain. En réalité, le danger de l’« arabisation » de l’occupation américaine menace de nous ramener à des pratiques longtemps appliquées au Moyen-Orient. La différence entre leur utilisation par les Américains en Irak et celle par les Arabes dans d’autres pays est la même qui existe entre les médias américains et les médias arabes. Les premiers dénoncent les méthodes des pouvoirs politiques ; les seconds les couvrent. Au milieu des condamnations et excuses américaines au plus haut niveau, le silence arabe était en effet assourdissant...
Courrier International n° 706 32 du 13 au 18 mai 2004