LA MUE DES SERVICES SECRETS OCCIDENTAUX
CIA ET MI5 : VERS UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’AGENTS
Pour
la deuxième fois depuis la chute du régime
de Saddam Hussein, le chef de la CIA en Irak a été remplacé.
Le responsable de l’agence américaine de renseignements
paye son échec dans la principale mission qui lui a été confiée
: infiltrer les réseaux de la résistance irakienne
en guerre contre les troupes de la coalition.
En Irak, dix mois après l’occupation du pays,
les agents de la CIA peinent à agir efficacement contre
la résistance, ils
ne connaissent pas le terrain et les personnels qui maîtrisent la langue arabe sont
rares. Du coup, ils sont confrontés à de sérieux
problèmes de mobilité. Ce qui les rend incapables
de se fondre dans la foule pour aller chercher les informations
indispensables à la lutte contre les différentes
factions de la résistance. Cette dernière semble
agir avec une facilité déconcertante, allant
même jusqu’à tenter un attentat contre
le chef des troupes de la coalition, le général
Johan Abizaid lors de la visite d’une caserne de la
banlieue de Bagdad. Même chose en Afghanistan, où la
traque de Ben Laden se poursuit sans grand succès.
Ce qui a poussé ses responsables américains à fermer
momentanément les bureaux de l’agence sur place.
Ces échecs successifs de la CIA dans les pays musulmans
illustrent les difficultés rencontrées par
les services de renseignements occidentaux, particulièrement
américains et anglais, dans la traque des réseaux
islamistes internationaux. Au lendemain des attentats du
11 Septembre, la CIA et le FBI avaient procédé au
recrutement de nombreux traducteurs arabes, chargés
notamment de la traduction des documents écrits et
des écoutes téléphoniques. Une initiative
qui s’avère aujourd’hui très insuffisante.
A Londres, le gouvernement de Tony Blair veut aller plus
loin dans la restructuration du célèbre MIS.
Un budget de 1,5 milliards de livres a ainsi été alloué à l’opération.
Dans les prochains mois, un millier de nouveaux agents rejoindront
le service de renseignement pour la lutte anti- terroriste
islamiste. Pour la première fois dans l’histoire
du MI5, plusieurs dizaines de Britanniques d’origine
arabe ou musulmane seront donc recrutés avec le statut
officiel d’agent secret au service de sa (gracieuse)
Majesté.