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Revue IRAN-INFO-PARS - 14
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

TERRORISME :
LES LIENS ÉTRANGES D’ABOU QATADA ET DU MI5

Prêt à tout, Abou Qatada ! A prêcher la haine des infidèles occidentaux et l’avènement de l’islam sur toute la planète. Mais disposé, aussi, contre espèces sonnantes et trébuchantes, à collaborer avec le MIS, le service de contre-espionnage britannique. C’est du moins ce qui ressort des documents fournis à la commission d’appel des affaires d’immigration à l’automne dernier par le MIS et dénichés par une équipe du journal TV de Channel Four.
L’information, si elle reflète bien la dualité d’Abou Qatada, ne lève pas pour autant les ambiguïtés du MIS dans sa gestion du personnage. Jordanien d’origine palestinienne, Abou Qatada, 43 ans, connu également sous le nom de Cheikh Omar Abou Omar et Omar Mohammed Othman, est arrivé au Royaume-Uni en 1993, fuyant, disait-il, les persécutions religieuses dans sa patrie. L’année suivante, Londres lui ayant reconnu le statut de réfugié, il s’installait à Acton, dans l’ouest de la capitale, et subsistait grâce à de généreuses aides sociales. Le plus clair de son temps, Abou Qatada, prédicateur dévoré de prosélytisme, le passait à exhorter les musulmans à observer l’islam intégriste. Rédacteur en chef du bulletin el-Ansar, « la voix du djihad en Algérie et dans le monde entier » – organe du Groupe islamique armé (GIA) –, il légitimait par des fatwas les méfaits des groupes armés en Algérie et en France.
Paradoxalement, cet idéologue zélé du djihad pouvait lancer ses appels à la guerre sainte et justifier des attentats sans être inquiété le moins du monde.
Dans le caravansérail islamique du « Londonistan », il tenait un rôle essentiel, pourtant. Le juge espagnol Baltasar Garzon le soupçonnait, dès 2001, d’être « le chef spirituel des moudjahidins d’Europe ». Les services allemands de sécurité l’accusent d’être au centre d’un réseau international de terroristes. Les Etats-Unis, l’Algérie, la France l’impliquaient au plus haut niveau dans la nébuleuse al-Qaida.
Comment et pourquoi cet idéologue de la haine religieuse qui confesse son « admiration pour Ben Laden », rencontré au Pakistan en 1989, a-t-il eu pignon sur rue des années durant avant d’être emprisonné, sans jugement et sans accusation, en 2002 ?
On sait, désormais, qu’il avait offert ses services en juin 1996 aux services de sécurité britanniques. Mais ce qu’on ignore, c’est s’il a été pris au mot. Officiellement, c’est « non », selon la commission d’appel des affaires d’immigration. Les services de sécurité étrangers en doutent, cependant.
En octobre 2001, Abou Qatada lui-même confiait au journal The Observer que le MI5 lui avait offert un passeport et un visa iranien pour quitter discrètement le royaume. Il avait refusé l’offre, affirmait-il. De crainte « d’être assassiné ou livré aux jordaniens » qui, en 2000, l’ont condamné, par contumace, à la détention à perpétuité pour divers attentats. Depuis, après avoir invité les musulmans britanniques à se faire « martyrs » contre l’oppression des infidèles, il est l’hôte de la prison de haute sécurité de Belmarsh, au Sud de Londres. La commission d’appel des affaires d’immigration qui le qualifie d’« individu très dangereux », l’a réduit au silence en rejetant toute demande de libération.