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Revue IRAN-INFO-PARS - 14
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

UN PACTE AVEC LE DIABLE :
VERS UNE ALLIANCE TEHERAN-TEL AVIV-WASHINGTON ?

Tous les chiites observaient ce mardi 2 Mars 2004 le deuil de l’Achoura commémorant le sacrifice d’Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, tué en 680 par les mercenaires du calife sunnite Yazid.
Pour les chiites du monde entier il s’agit d’un jour sacré entre tous mais des attentats sanglants, parfaitement coordonnés, ont fait en Irak 143 martyrs parmi lesquels 40 à 50 pèlerins iraniens et blessé 465 autres.À Bagdad d’abord, dans une mosquée chiite abritant le mausolée de Moussa Al-Kazem (58 morts et 225 blessées), puis dans la ville sainte de Kerbala où 85 fidèles ont été tuées et 240 blessées dans neuf attentats suicide intervenus presque simultanément. Au même moment, 37 croyants au moins étaient abattus au cours de la procession de l’Achoura à Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan.
Une question se pose aussitôt : pourquoi la communauté chiite en Irak mais aussi au Pakistan et dans quel but ? Que visent réellement les stratèges de la terreur qui programment, organisent et manipulent ces attentats ? Veulent-ils le chaos total et la guerre intercommunautaire entre chiites et sunnites, de la Mer Rouge au Golfe du Bengal, en Irak, au Pakistan mais aussi au Yémen, en Arabie Saoudite ?
Pour le général Mark Kimmitt, directeur adjoint des opérations militaires en Irak, sans l’ombre d’un doute, la responsabilité des ces attentats meurtriers est imputable au Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui dont la tête est mise à prix 5 millions de dollars et suspect d’appartenir à la mouvance d’Al-Qaïda !
Il est clair cependant qu’Al-Qaïda est un épouvantail mis à toutes les sauces. La coalition s’enlise en Irak ? Al-Qaïda ! La communauté chiite est brutalement touchée ? Al-Qaïda ! Mais Al-Qaïda existe-t-elle réellement ou est-ce une invention de la propagande de guerre anglo-saxonne ? Doit-on encore prendre au sérieux de telles allégations alors que les agences occidentales annoncent que Ben Laden lui-même, en compagnie de Mollah Omar et d’Ayman Al Zawahiri, aurait été encerclé par les unités spéciales anglo-américaines près de Khanozaï, au Nord-Est du Pakistan ? À ce jour il est encore libre…
A Monaco les 28 et 29 Février, un influent groupe de personnalités internationales, s’est réuni à huis clos autour de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, plusieurs anciens premiers Ministres ou ministres des affaires étrangères, des responsables israéliens et palestiniens, ou encore le magistrat français Jean-Louis Bruguière spécialiste du terrorisme international. Parmi leurs conclusions, il faut relever une phrase qui remet terriblement les événements actuels en perspective : « Le concept d’Al-Qaïda est un concept facile et particulièrement réducteur qui ne recouvre pas grand chose et certainement pas la complexité de la menace terroriste internationale... Ce n’est pas un concept efficient d’un point de vue opérationnel. L’arrestation d’Oussama Ben Laden ne changerait rien à la situation actuelle. C’est un personnage my-thique qui n’est à la tête d’aucun appareil ».
Reste donc à savoir qui veut enclencher la guerre civile en Irak entre sunnites et chiites comme au Pakistan et demain en Arabie Saoudite, au moyen d’une « stratégie de la tension » ? A qui profitera le crime ? S’agit-il de parachever l’œuvre de destruction de la Mésopotamie déjà à moitié réalisée par l’intervention anglo-américaine de Mars 2003 ? À l’heure où l’Administration américaine vient de rendre publique son vaste projet de « Grand Orient » lequel ne veut rien que moins « reconstruire » l’Orient musulman sur le modèle démocratique de la Méditerranée aux contreforts de l’Himalaya. Ce nouvel ordre régional risque cependant de ne voir le jour que sur les décombres fumantes d’un ancien monde islamique appelé à disparaître pour assurer sa conversion et son intégration au grand marché mondial.
Hypothèse qui n’est pas incompatible avec la lecture des provocations meurtrières de Kerbela, Bagdad et Quetta que donnait le chroniqueur Alexandre Adler ce mercredi 3 Mars sur France Culture : « Maintenant l’alliance entre l’Iran et Israël est inéluctable, pour contrer la menace sunnite ». Avons-nous là une clef décisive permettant d’expliquer ce qui arrive sous nos yeux et le possible, sinon probable embrasement de la région ? Ces attentats ne font-ils pas partie des moyens nécessaires à sceller et a justifier l’alliance du régime des Mollahs et de la coalition anglo-américaine ? Au quel cas il faudrait comprendre que la théocratie iranienne et le clergé chiite en général viennent de signer un pacte avec le Diable. 3/3/04