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Revue IRAN-INFO-PARS - 14
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

« APPLAUDIR l’INITIATIVE DE L’ADMINISTRATION BUSH RELÈVE DU SUICIDE POLITIQUE »

Les réactions des capitales arabes au nouveau projet américain visant à démocratiser et libéraliser leurs régimes ont donc été, sans surprise aucune, négatives.
…« Aujourd’hui il est courant d’entendre dire qu’applaudir à l’initiative de l’administration Bush relève du suicide politique », remarque Mohammad Sayyed Saïd, du Centre d’études politiques du groupe de presse gouvernemental égyptien Al-Ahram.
L’ambassadeur américain au Caire ayant esquivé les questions que lui posait le ministre égyptien des affaires étrangères Ahmad Maher à propos des intentions américaines, le ministre s’est empressé de déclarer à la presse, le 22 février, que « Son pays n’accorde aucune importance à ce qui se dit au sujet du projet américain et qu’il n’attend de consignes de personne pour mener ses propres réformes ».
Mais il ne s’agit pas seulement de dépit. Le Caire et les autres capitales arabes ont su que l’idée première de Washington avait été de lancer le projet lors du sommet de l’OTAN en Turquie. Or, la capitale de l’ex-empire ottoman est aujourd’hui perçue dans le monde arabe comme la « tête de pont de l’impérialisme américain » ou des intérêts d’Israël dans la région. Ce qui, dans l’esprit des dirigeants arabes, soulignait la dimension essentiellement sécuritaire d’une initiative qui essaie de se parer de grands idéaux universels : droits de l’homme, paix et développement. Le projet « en ignorant les principaux dossiers régionaux – Palestine et Irak – affecte par principe la stabilité de la région », déclare le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa.
Mieux encore, dans un premier communiqué, signé conjointement par Le Caire et Riyad, les deux pays assurent qu’ils « n’acceptent pas qu’un type particulier de réforme soit imposé, de l’extérieur, aux pays arabes et musulmans ». Ils rappellent aussi « la nécessité de trouver des solutions justes pour les causes des Arabes et de la nation islamique, tout particulièrement en ce qui concerne les questions palestiniennes et irakiennes ». Le président égyptien Hosni Moubarak devait préciser lors d’une visite à Riyad, « qu’ imposer des réformes non compatibles avec les spécificités des populations de la région pouvait entraîner le chaos ». La situation en Irak en étant, selon lui, un « exemple parfaitement clair ».
Ce discours du chef égyptien faisait suite à des consultations menées par M. Moubarak avec les dirigeants turcs, du Golfe ou du Yémen, et précèdait les consultations de mars dans le cadre de la Ligue arabe. Il ne peut être évidemment question pour les responsables arabes que la Palestine soit laissée de côté et que les Américains ne soient tentés de chercher des solutions marteau-pilon « à l’irakienne » aux problèmes complexes de l’islamisme et du terrorisme, en passant par-dessus les spécificités de chaque peuple et de chaque culture.
Mais au-delà les dirigeants arabes et l’égyptien en particulier, sont « de plus en plus inquiets de voir les Etats-Unis, auxquels ils estiment à juste titre apporter toute l’aide possible, maintenir, voire accentuer leurs pressions en faveur d’une démocratisation trop rapide laquelle, pensent-ils, ne peut que profiter aux islamistes, en l’absence de tout autre mouvement démocratique structuré comme en Egypte », observe l’analyste Mohammad Sayyed Saïd.
Il n’en demeure pas moins que les anglo-saxons n’ont pas la réputation de renoncer à leurs projets. Celui-ci, pour un supposé « Grand Moyen-Orient », jette ainsi une ombre froide sur l’avenir de la région. Car s’il se place de facto sous les auspices de la démocratie, l’expérience nous apprend que la grande Amérique, pour « libérer les peuples » commence par les ensevelir sous des champs de ruines.