Washington
réclame l'extradition du numéro trois du réseau
Al-Qaida : Téhéran marchande
L’Iran détient Saïf al-Adel,
le numéro trois du réseau terroriste al-Qaida
d’Oussama Ben Laden, mais s’est refusé à le
remettre à la justice américaine, selon le New
York Times de samedi. Les dirigeants iraniens auraient
fait savoir aux Etats-Unis, qui les avaient approchés
indirectement, que toute livraison à la justice américaine
de responsables d’al-Qaida devrait entraîner, à titre
de réciprocité, la livraison à l’Iran
de responsables du groupe d’opposition iranien moudjahidin
Khalq. Téhéran détiendrait en fait plusieurs
responsables d’al-Qaida parmi lesquels l’un des
fils d’Oussama Ben Laden, Saad, le porte-parole d’origine
koweïtienne du réseau, Suleiman Abou Gaïth,
et le Jordanien Abou Masab al-Zawarki, un conseiller proche
de Ben Laden. Al-Adel est considéré comme le
cerveau derrière les trois attentats suicides qui ont
fait 35 morts le 12 mai dernier à Riyad dont 8 Américains.
Il est également recherché par les Etats-Unis
pour les attentats en 1998 contre les ambassades américaines
au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.
Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell
a admis que des contacts avec l’Iran étaient en
cours, mais que le gouvernement « attendait de voir ».
Le gouvernement iranien a indiqué de son côté qu’il
souhaitait « compléter » les dossiers des
membres du réseau al-Qaida qu’il détient
avant de décider de leur sort.
Alors que l’Iran peut avoir une influence en Irak
pour stabiliser la majorité chiite, Washington et Téhéran
s’opposent sur la question du nucléaire.
Une visite cette semaine en
Iran d’experts internationaux
de l’AIEA est présentée comme décisive
pour l’acceptation ou non d’un régime
d’inspections de ses installations nucléaires
inspirant davantage de confiance aux Occidentaux.
Le Figaro 4/08/03