Nouvelle
menace sur l'amérique
L’homme était silencieux depuis plus de deux mois.
Samedi, Ayman al-Zawahiri a repris la parole dans une bande
sonore diffusée par la télévision satellitaire
al-Arabiya.
Dans ce message, le numéro deux d’al-Qaida menace
de venger les prisonniers détenus sur la base américaine
de Guantanamo, à Cuba, s’ils étaient condamnés à mort. « L’Amérique
a annoncé qu’elle allait commencer à juger
les prisonniers musulmans devant des tribunaux militaires qui
pourraient les condamner à mort », déclare
la voix attribuée à Ayman al-Zawahiri, bras droit
d’Oussama Ben Laden, avant d’ajouter que « l’Amérique
des croisés payera cher tout préjudice porté à tout
prisonnier musulman qu’elle détient ».
Au total, quelque 680 personnes arrêtées par les
forces américaines en Afghanistan à l’automne
2001 sont détenues à Guantanamo pour leurs liens
présumés avec le réseau terroriste ou
le régime taliban. Début juillet les Etats-Unis
avaient annoncé leur intention de faire comparaître
devant des tribunaux militaires d’exception six de ces
prisonniers, dont deux Britanniques et un Australien.
«
En les faisant juger, l’Amérique fera son propre
procès, et en les condamnant elle se condamnera elle-même »,
poursuit-il. Puis le médecin égyptien, fondateur
du Djihad islamique égyptien, avertit que les attaques
anti-américaines vont s’intensifier. « Ce
que l’Amérique voit jusqu’à présent
ne constitue que de premières escarmouches, la grande
bataille n’ayant pas encore commencé. »
L’enregistrement, dont l’authenticité n’a
pu être vérifiée, appelle les militants
islamistes à œuvrer pour la libération des
détenus de Guantanamo. « Que chaque prisonnier
chez les mécréants sache que sa libération
relève de la responsabilité de tous les moujahidins. »
Le sort d’Ayman al-Zawahiri reste inconnu depuis la fin
2001 et la campagne militaire en Afghanistan. Le mois dernier
des médias arabes avaient annoncé que le chirurgien
avait été interpellé en Iran avec l’un
des fils d’Oussama ben Laden. Des informations jamais
confirmées. Mi-juillet Téhéran avait simplement
dit détenir des « membres importants » d’al-Qaida,
mais sans citer de nom.
Le Figaro, 04/08/03