Membre
d'Al Qaida en Iran
L’Iran mènerait des pourparlers secrets avec l’Egypte,
le Koweit et l’Arabie saoudite pour l’extradition
de responsables de premier plan d’Al-Qaïda qui ont été arrêtés
sur son territoire.
Selon des sources diplomatiques, trois hauts dirigeants du
réseau terroriste d’Oussama ben Laden figureraient
parmi les détenus. L’extradition de ses hommes
recherchés par les Etats-Unis porterait un coup très
dur à Al-Qaïda, a-t-on ajouté de même
source. « Il y de fortes raisons de croire que l’Iran
détient des membres importants d’Al-Qaïda »,
a déclaré un diplomate bien placé. « Mais
les négociations pour leur extradition sont très
délicates, alors pour l’instant il n’y a
pas eu d’annonce officielle sur leur identité »,
a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat.
Le premier détenu serait l’Egyptien Saïf
al-Adel, qui serait le nouveau numéro trois d’Al-Qaïda
après le décès présumé en
Afghanistan du chef des opérations militaires Mohammad
Atef. Le deuxième est Saad ben Laden, l’un des
fils d’Oussama ben Laden, un Saou- dien déchu
de sa nationalité, alors que le troisième serait
le porte-parole d’Al-Qaïda, Soulaimane Abou Ghaïth,
un Koweitien également déchu de sa nationalité.
Citant « des sources diplomatiques occidentales »,
la télévision satellitaire arabe Al-Arabiya avait
annoncé vendredi 27 juin que le numéro deux d’Al-Qaïda
Ayman Al-Zawahiri figurait, avec Abou Ghaïth et l’un
des fils de ben Laden, parmi les membres d’Al-Qaïda
arrêtés en Iran. Le secrétaire d’Etat
américain Colin Powell a affirmé ne pas savoir
si Zawahiri avait été arrêté en
Iran.
La presse arabe avait également affirmé que Abou
Moussa Zarqaoui, un Jordanien d’origine palestinienne
soupçonné d’être basé en Irak
avant la chute de Saddam Hussein, se trouvait en Iran. Mais
les diplomates interrogés à Téhéran
n’ont pas pu confirmer cette information. Les dirigeants
iraniens avaient déjà affirmé qu’une « poignée » de
membres du réseau terroriste avaient été arrêtés
en Iran avant les attentats de Ryad, le 12 mai dernier, qui
ont fait 35 morts, dont neuf Américains.
Le porte-parole du gouvernement iranien Abdollah Ramezanzadeh
a affirmé que de nombreux détenus étaient
en cours d’identification, mais il a ajouté que
leurs noms ne seront probablement jamais rendus publics. « Nous
n’avons pu identifier tous les membres d’Al-Qaïda
(détenus), et même si on l’a fait, il n’y
a pas de raison pour que nous donnions leurs noms à la
presse. Il s’agit d’une question de sécurité et
c’est ainsi que l’appareil sécuritaire fonctionne »,
a-t-il ajouté.
Selon les diplomates, les négociations d’extradition
font cependant face à des obstacles, l’Iran ayant
des relations diplomatiques limitées avec l’Egypte
et deux des suspects ayant été déchus
de leur nationalité koweïtienne et saoudienne.
RTBF, le 28/06/03