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Revue IRAN-INFO-PARS
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité pour le Renversement

QUAND L’INVESTISSEMENT SE HEURTE À L’INSECURITE

La guerre des clans qui fait rage, le climat exacerbé de tension politique qui sévit ne peuvent masquer le plus grand problème de l’Iran d’aujourd’hui : celui du marasme économique. Hossein Kamali, Ministre du travail et des affaires sociales, admettait, dans un discours prononcé le mercredi 9 Shahrivar (31 août) que le nombre chômeurs s’élevait désormais à 6,6 millions ! Insistant sur le fait qu’il fallait désormais créer 1,3 millions d’emplois par ans pour résoudre ce problème dans les cinq années à venir, le Ministre s’est bien gardé de préciser quelle allait être l’action du gouvernement pour y parvenir.
A lui seul, ce chiffre est effrayant. Et d’autant plus que l’on sait combien la statistique est peu fiable dans l’Iran islamique, ce qui permet de supposer que le chiffre est ici minoré, donc que le nombre de chômeurs est infiniment plus important.
S’il est un point sur lequel le Ministre et toutes les autorités économiques tombent toutefois d’accord, c’est sur le fait que seule la reprise des investissements en provenance de l’étranger ou des iraniens expatriés et une meilleure répartition des richesses peuvent améliorer une situation sociale pour le moins catastrophique et explosive. Toutefois, avertis des invraisemblables détournements d’argent, la dilapidation des richesses nationales par les dirigeants actuels qui placent des sommes pharamineuses sur des comtes à l’étranger, les investisseurs potentiels n’ont aucune confiance et ne se pressent donc pas à s’engager. Cela y compris si les appels officiels et surtout officieux se font des plus pressants et nombreux.
En l’ensemble d’un climat politique stable, pouvant seul favoriser une reprise économique, l’investissement étranger se fait naturellement des plus frileux.
Seul un changement fondamental assurant le calme et la sécurité, la liberté politique et sociale et celle économique pourrait ramener les investissements en Iran.
Il y a quelque semaines, le parlement islamique a ratifié le principe d’une il sur « la protection des investissements étrangers pour les produits de première nécessité ». En prenant naturellement bien garde que cette nouvelle loi ne se trouve pas en contradiction flagrante d’un point de vue juridique avec l’article 81 de la Constitution islamique et ne pas donner ainsi prétexte à l’annuler aux gardiens de la Constitution. Cette approche fait donc que la loi qui devrait être en principe votée est des plus incomplète et restrictive.
Par ailleurs, le secrétaire du comité supérieur des régions libres, en accord avec la République Islamique, a accepté que les Nations Unis dépêchent une délégation composée de neuf iraniens résidant aux Etats-Unis qui, à la mi-septembre, se sont rendus sur les îles de Kish, Gheshm et Tchahbahar pour y étudier d’éventuels investissements dans le domaine de la production. Une visite qui a suscité tout aussitôt la colère des milieux les plus extrémistes qui n’ont toutefois pas empêché les visiteurs de considérer qu’il s’agissait ici d’un signe positif de la volonté de laisser se développer des investissements étrangers dans ces régions déclarées « Libres » par le gouvernement. Une volonté qui ne pourrait toutefois ne pas être suivie d’effets à courts termes dans la mesure où la proposition de supprimer le poste de Président de la République ne peut qu’aggraver la situation politique et sociale de l’Iran. A cela s’ajoute d’inquiétantes statistiques pourtant officielles et publiées dans le dernier numéro en date de « Eghtesade Iran (Economie d’Iran) publié à Téhéran :
- 73% des patrons de sociétés du secteur privé se montrent inquiets devant l’évolution actuelle d’accroissement de l’instabilité politique dans le pays.
- 96% des chefs d’entreprises déclarent n’avoir aucune confiance dans la justice iranienne. (Ce chiffre n’a cessé de croître au vu des sondages publiés ces dix dernières années !)
- 65% ont déclaré avoir à acquitter des pots-de-vin (bakchich) pour la simple marche de leurs affaires.
Voilà qui n’augure rien de bon dans la volonté ministérielle pourtant affichée de tout mettre en œuvre pour que reprennent les investissements étrangers.
Mais que peut-on attendre d’autres que de vaines promesses d’un régime aussi corrompus et aussi contraire à toute conception de la démocratie, du respect de la volonté du peuple et de la liberté ?
Quand le « Grand Satan » devient le « Grand Frère »