Revue
IRAN-INFO-PARS
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité
pour le Renversement
Douze ans après
la cessation des hostilités :
Iran – Irak
ou le statu – quo accablant !
Douze années que le « terrifiant
» conflit entre l’Iran et l’Irak est achevé.
Douze années durant lesquelles à priori il ne
s’est rien passé ou presque entre les deux Etats
au niveau le plus haut. Si, légitimement d’ailleurs,
les rancoeurs restent entre les deux peuples, on ne peut accepter,
dans l’un ou l’autre camp, que les choses soient
ainsi en l’état.
Encore qu’il faille minimiser les choses quand on sait
que l’antagonisme est soigneusement entretenu plus par
des factions que par les dirigeants eux-mêmes. Pour peu
officielle qu’elles soient, les relations existent et
suscitent des positions que l’opinion internationale ne
comprend pas très bien. S’il ne fallait qu’un
exemple et un seul, on le chercherait dans les positions iraniennes
récentes ou plus anciennes. Pour procéder par
chronologie, on peut se souvenir que le gouvernement iranien
des ayatollahs, en 1990, s’est vivement opposé
à la Guerre dite du Golfe et à l’anéantissement
des potentialités économiques de l’Irak.
Rappeler que tout dernièrement le Guide de la Révolution,
l’Ayatollah Khamenei a déclaré que le conflit
datait désormais de 20 années, que la situation
géopolitique internationale avait changée et qu’il
fallait reconsidérer de ce fait les rapports entre les
deux pays ? Encore que l’Iran s’oppose aux sanctions
économiques imposées par les Nations Unies à
l’Irak et que les deux pays ont une position de soutien
similaire concernant l’avenir de la Palestine et de la
nécessité à l’imposer tel un pays
souverain à la face du Monde.
Pourtant, à chaque fois, et souvent pour timide qu’il
soit, un rapprochement est esquissée dans les relations
au niveau des Etats, les pressions sont telles, tant en Irak
de la part des Moudjahiddines du peuple (l’opposition
armée aux ayatollahs soutenue par l’Irak et où
se situent ses bases arrières) qu’en Iran où
est basé le Conseil Supérieur de la révolution
islamique en Irak, présidé par l’ayatollah
Mohammad Baker Hakim (la semaine dernière ce conseil
s’est déclaré favorable à la destitution
par la force de Saddam Hussein y compris avec le concours américain)
qu’il capote.
Cette situation de statu quo peut sembler arranger les dirigeants
des Etats. L’argument essentiel de non-régularisation
se situant sur les prisonniers de guerre détenus dans
l’un et l’autre pays : 5000 iraniens en Irak et
29000 irakiens en Iran. Mais ce n’est là que l’apparence.
La réalitése situe bien ailleurs et dans le contexte
du « choc pétrolier » qu’agitent les
Etats-Unis et qui fait flamber les prix.
A l’évidence, Saddam Hussein veut profiter de la
situation pour transporter le conflit militaire en conflit économique.
Il veut allumer une « guerre du pétrole »
comme l’indiquent ses menaces de refuser désormais
l’échange « Pétrole contre vivre »
(la production journalière de l’Irak est de 3 millions
de barils !) convenu avec l’ONU. Ce qui aurait pour but
de réduire encore la production mondiale et donc de conduire
à une nouvelle hausse du baril sur les places boursières
internationales. Une menace prise au sérieux par les
USA et qui ont influencé, pour la première fois
dans leur histoire contemporaine, les Etats-Unis, par la voix
de Bill Clinton, à puiser dans les réserves dites
« stratégiques » américaines pour
compenser le déficit mondial, voire à augmenter
la production nécessaire pour agir sur les prix. Une
ligne politique de l’Irak qui arrange en tout point l’Iran
qui voit ainsi s’accroître ses rentrées en
dollars et cela au temps même d’un marasme économique
intérieur sans précédent. Si Saddam allait
au bout de sa menace, ce serait bel et bien 2 millions de barils
jour qui manqueraient à la consommation mondiale. Ce
que les américains ne voudraient à défaut
de pouvoir compenser. Et ici Saddam joue bien le coup car dans
le contexte de l’OPEP et de la situation internationale
sur le Moyen Orient, aucune opinion intérieur des pays
susceptibles d’accroître leur production (en premier
lieu l’Arabie Saoudite et le Koweït) ne comprendrait
ni ne supporterait une telle décision !
Ce que l’opinion internationale, pourtant très
conditionnée, ne pourrait également comprendre
c’est le pourquoi d’un survol, en septembre, d’un
chasseur irakien de l’espace aérien saoudien et
cela sans intervention ni riposte verbale ou armée des
américains et de leurs alliés britanniques. On
peut voir ici la preuve que cette « guerre du pétrole
» que tente d’allumer Saddam Hussein est prise très
au sérieux par les grandes puissances militaires et économiques
et que la volonté irakienne de faire cesser l’embargo
trouve actuellement de plus en plus d’échos.
Dans ce climat de pression, voire de chantage de guerre, le
Président du Conseil Constitutionnel iranien, Mehdi Karoubi,
a reçu, la première semaine de septembre, le chargé
d’affaires irakien, Abdel Sattar Elrawi, qui lui a communiqué
les souhaites de Bagdad pour que soient enfin réglés
tous les différents en suspens entre les deux Etats.
Karoubi ayant répondu que l’Iran souhaitait rien
moins que d’améliorer ses relations avec tous les
Etats islamiques dans le monde et tout particulièrement
avec ses pays voisins ou proches.
Le statu quo accablant entre deux pays frontaliers et fondamentalement
proches de par leurs populations pourrait, dans le contexte
actuel, enfin prendre fin. Ce qui serait souhaitable s’il
ne pouvait permettre aux régimes en place de part et
d’autre de trouver des possibilités à se
survivre.