Revue
IRAN-INFO-PARS
Périodique de l'Organisation de Pars et le Comité
pour le Renversement
Rapprochement
Irano - Algérien
Politique circonstancielle ou durable
Alors que les relations entre l’Algérie et l’Iran
étaient idylliques depuis la prise du pouvoir par Khomeiny,
elles s’étaient totalement interrompues à
partir de 1992 du fait de l’aide évidente, morale
et surtout financière, apporté par la République
Islamique à la guérilla menée par le Front
Islamique du Salut en Algérie. A l’époque,
les services secrets algériens avaient apporté
les preuves formelles de l’armement des groupes terroristes
par l’Etat iranien.
La rencontre récente dans les couloirs des Nations Unies
à New York des Présidents Khatami et Bouteflika
semble avoir sensiblement dégelé la situation.
A l’écoute du discours de Khatami au cours duquel
il a affirmé vouloir faire de l’an 2001 celui du
dialogue entre les civilisations, le Président Algérien
a soigneusement relevé l’occasion donnée
de faire stopper totalement l’action terroriste en son
pays, ce à quoi il s’est engagé pour se
faire élire voici un peu plus d’un an.
Il a chaudement félicité Khatami de son initiative
avant que l’encourager à faire en sorte que le
dialogue préconise à l’extérieur
s’ouvre en même temps à l’intérieur
de l’Iran et favorise le rétablissement d’une
véritable démocratie.
Dans ce rapprochement entre les deux pays, le paradoxe se situe
dans la différence d’analyse qui en est faite par
les protagonistes. En Algérie, on écrit que cela
n’a été possible que par le fait du changement
de régime en Iran depuis l’élection de Khatami
et le recul de l’islamiste intransigeant qui en résulte.
A Téhéran, on écrit que ce rapprochement
n’a été possible que par la volonté
de Bouteflika à rétablir la paix intérieure
en Algérie et du rapprochement évident qu’il
a amorcé en ouvrant le dialogue avec les différentes
factions islamiques, armées ou politiques du pays.
La réalité est ailleurs et s’assimile à
ce que l’on appelle généralement la «
real politique ». A l’évidence, Bouteflika
pense que ce rapprochement ne peut qu’inciter les dirigeants
iraniens à cesser toute aide financière ou matérielle
aux factions qui sévissent dans son pays. Quant à
Khatami, devant la situation intérieur de l’Iran,
celle où l’on voit chaque jour la réalité
d’un non-changement, où la situation économique
ne cesse de se dégrader et où, devant les promesses
non tenues la colère du peuple renforce une opposition
sur le point de s’unir pour faire chuter le régime,
il pense qu’un grand rapprochement avec tout le monde
arabe serait de nature à faire perdurer son pouvoir et
celui des religieux en calmant les colères de la population.
Si en façade la réconciliation est évidente,
on peut s’interroger du fait des qu’elle soulève
dans les deux pays. Et quelles oppositions puisqu’il s’agit
de la fraction dure de l’armée en Algérie
et des religieux les plus radicaux en Iran. Les premiers soupçonnent
non seulement l’Iran d’aider les groupes armés
en Algérie mais encore d’être les commanditaires
de toutes les factions terroristes se revendiquant de l’Islam
de par le Monde. Donc qu’il ne peut être question
d’un quelconque soutien au régime des mollahs en
Iran. Quant aux religieux iraniens, ils clament qu’il
ne peut en aucun cas être question d’empêcher
le Front islamique du salut (FIS) algérien d’accéder
au pouvoir et d’imposer ainsi un régime islamique
en Algérie. Voilà qui pourrait au contraire des
conceptions de l’un et l’autre des Présidents
en place dans les deux pays les affaiblir plutôt que de
les renforcer dans leurs pouvoirs.
C’est d’autant plus vrai que le « jeu politique
» ne se joue que rarement sur la scène extérieure
mais trouve sa réalité dans la situation intérieure
des pays. Et quand on sait à quel point elle est catastrophique
aussi bien en Iran qu’en Algérie, on ne peut douter
que Bouteflika et Khatami se soient engagés dans un jeu
de dupe.